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Suite à la fermeture des salles de sport dans plusieurs métropoles classées «zone d’alerte renforcée» face au Covid-19, la colère gronde au sein des représentants de la branche. À la veille d’une visite au ministère de la Santé pour plaider leur dossier, les syndicats commentent leur position pour Sputnik.

Désobéir, fermer ou négocier? Les professionnels du sport de masse cherchent une issue face à la fermeture des salles de sport dans les «zones d’alerte renforcée» à partir du 28 septembre, où même de référés devant la justice administrative ont étés déposés.

Pour Virgile Caillet, délégué général de l’UNION sport & cycle, l’un des membres fondateurs de l’Agence nationale du sport, les propos tenus par le ministre de la Santé, désignant les salles de sport comme des «lieux de contamination importante», passent mal. Au micro de Sputnik, il dit être «très en colère» et «ne pas comprendre».

«D’après tous les chiffres à notre disposition, on a seulement quelques cas positifs au Covid-19 dont nous avons été alertés par les agences régionales de santé (ARS). C’est un ratio inférieur à 0,01%», détaille Virgile Caillet.

Le délégué général, qui prépare son dossier pour rencontrer ce mardi les représentants du ministère de la Santé, qualifie la décision gouvernementale d’«acharnement sur les salles de sport, les salles de fitness, les clubs de foot à cinq, les salles d’escalade.»

«On trouve ça totalement injuste, d’autant plus que d’autres institutions restent ouvertes au public: les restaurants, les bars, les théâtres, les cinémas. Les salles de sport sont contagieuses du matin au soir, mais les bars seulement à partir de 22h, les restaurants ne sont pas contagieux du tout?» se demande Virgile Caillet.

Ce représentant d’une organisation qui rassemble plus de 1.400 entreprises, 500 marques et 3.000 points de vente, rappelle qu’en juin dernier, la branche a repris son activité «avec des protocoles sanitaires extrêmement stricts

Les salles de sport, fermées pour «0,01% de contamination»

Face aux consignes changeantes, les professionnels du sport de masse ont également du mal à s’y retrouver.

«Maintenant, on nous dit que ce n’est plus suffisant, parce que vous n’avez pas de masque. Nous disons “oui, on met un masque”. Là-dessus, on nous répond “le sport avec un masque, c’est dangereux”. On a l’impression d’être punis de tous les côtés», déplore Virgile Caillet.

Le délégué général de l’UNION sport & cycle ne demande qu’une chose: que les représentants du ministère de la Santé «viennent voir in situ les protocoles sanitaires» que les membres de l’organisation «ont mis en place pour leur démontrer aujourd’hui, il n’y a rien de comparable et qu’on a fait un travail de distanciation physique». «Si demain, on passe en zone rouge, c’est un autre débat», conclut le dirigeant de l’UNION sport & cycle.

Des protocoles sanitaires stricts dès juin

La décision gouvernementale prise à l’encontre des salles de sport dans les «zones d’alerte renforcée» froisse également Thomas Monnier, directeur général délégué des salles KeepCool. Il affirme n’avoir pas été consulté au préalable et énumère toutes les mesures déjà prises face à la pandémie: «distanciation physique de plus de 1,5 m, un adhérent pour 10m2, du Plexiglas entre chaque tapis, des casiers condamnés –un sur deux–, des trajets de circulation pour éviter que les gens se croisent et le port du masque hors activité physique».

Ce dirigeant de quelque 260 salles à travers la France, qui affichent avec fierté la devise «Le sport sans la frime» mentionne également les pertes subies par son entreprise.

«Nos pertes se chiffrent comme partout dans la profession: une baisse de 30% sur le chiffre d’affaires depuis le début de l’année», souligne Thomas Monnier au micro de Sputnik.

La fermeture des salles de sport étonne les professionnels de la branche «alors même que tout le monde explique l’importance d’être en bonne santé pour lutter face au virus». Une décision qui pénalise donc également leurs clients, bien que ces derniers aient pour l’instant la possibilité de se replier sur les zones voisines.

«Nos deux salles dans le centre d’Aix-en-Provence sont fermées, mais à quelques kilomètres de la ville, les salles sont ouvertes et les adhérents peuvent venir s’entraîner dans les salles en périphérie», confirme Thomas Monnier.

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