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Alors que l’épidémie de Covid-19 prend de l’ampleur, 400 élèves infirmiers de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris vont être mobilisés dans le cadre de leur stage pour prendre part à la lutte contre le virus. Mais ils ne veulent pas être «une main d’œuvre au rabais» et dénoncent cette réquisition.

Un collectif d’étudiants infirmiers de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) dénonce dans un communiqué daté du 1er octobre la mobilisation de 440 d’entre eux pour renforcer le dispositif de lutte contre le coronavirus.

Selon une étudiante contactée par franceinfo, ceux en deuxième année doivent débuter leur premier stage de cinq semaine le 5 octobre et ils refusent d’être «une main d’œuvre au rabais».

D’après un e-mail que le média a pu consulter, les étudiants rejoindront la semaine prochaine «les équipes de Covidom (plateforme téléphonique de suivi des malades peu graves), de l’Had (Hospitalisation à domicile) ou des EOH (Équipes opérationnelle d’hygiène), au lieu des services hospitaliers initialement prévus».

Comme l’intéressée le précise, ils seront par exemple mobilisés dans les aéroports pour faire des tests PCR ou nettoieront les locaux hospitaliers. La directrice des soins à l'AP-HP, Michèle Jarraya, a reconnu devant les étudiants que «ce n'est pas ce que [l'AP-HP, ndlr] aimer[ait, ndlr] enseigner», tout en défendant la nécessité de faire face à la pandémie.

«On ne veut pas avoir un diplôme Covid, dévalorisé, avec que du soin Covid. On ne peut pas être formés simplement sur les soins d’une seule pathologie», expliqué l’étudiante au média.

Pour compenser, l’AP-HP a annoncé une revalorisation de l’indemnité de stage pour cette période, passant de 38 à 138 euros par semaine, soit 690 euros pour cinq semaines de stage.

«Cela ne nous satisfait pas», insiste l’étudiante qui compare cette indemnité (690 euros pour cinq semaines de stage) au Smic (1.219 euros net par mois). Un avis partagé par le syndicat SUD Santé dans un communiqué publié le 29 septembre sur Facebook, avant l'annonce de la revalorisation de 100 euros.
«Si l'AP-HP a besoin de nous au point d'annuler les stages de 440 étudiants en soins infirmiers et d'impacter à nouveau la qualité de notre formation, c'est un RENFORT et NON UN STAGE», soulignent les étudiants, demandant ainsi «d’être rémunéré à hauteur d’un smic horaire».

Aucune protection proposée sur place?

Toujours auprès de franceinfo, l’étudiante s’inquiète des conditions de travail bien que Michèle Jarraya «nous a garanti que nous aurions les protections nécessaires. La dernière fois, nous avions aussi eu des garanties, mais nous n’avions pas eu d’équipements».

Contactée par le média, l’AP-HP assure qu’il «ne s’agissait pas d’un appel à renfort en ressources humaines, mais de stages infirmiers encadrés par des tuteurs, avec apprentissage de gestes techniques et de compétences». Elle ajoute que les «terrains de stage sont diversifiés, avec plusieurs stages en un» (télésuivi, hospitalisation à domicile, hygiène hospitalière, dépistage).

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Tags:
mobilisation, infirmier, étudiants, médecine, Covid-19, épidémie, France
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