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Enseignant décapité en région parisienne (71)
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L’émoi et l'effroi règnent en France après l’acte terroriste de Conflans-Sainte-Honorine, qui a vu la décapitation d’un professeur d’histoire qui avait montré des caricatures de Mahomet à ses élèves. «Ignoble crime», «horreur», «barbarie insoutenable», des personnalités politiques ont fait part de leur émotion.

Émotion dans la soirée du 16 octobre, lorsque le président de séance à l’Assemblée nationale, Hugues Renson, évoque l’attentat qui s’est produit un peu plus tôt à Conflans-Sainte-Honorine, en région parisienne. Les députés se sont levés et ont observé un long silence en hommage à Samuel Paty, ce professeur décapité par un terroriste.

«Nous avons appris avec effroi l'abominable attentat qui s'est produit. Au nom de la représentation nationale, je tiens à saluer la mémoire de la victime», a-t-il déclaré devant l’hémicycle à moitié vide.

Les réactions ont été nombreuses tant au niveau du gouvernement que du côté de l’opposition. «Ce soir, c’est la République qui est attaquée avec l’assassinat ignoble de l’un de ses serviteurs, un professeur», a réagi sur Twitter Jean-Michel Blanquer. «C’est l’obscurantisme contre les lumières, la terreur contre l’éveil, la violence contre l’éducation», a écrit Marlène Schiappa.

«La laïcité, colonne vertébrale de la République»

Le Premier ministre, Jean Castex, est actuellement au ministère de l'Éducation nationale pour une réunion aux côtés de Jean-Michel Blanquer, depuis neuf heures du matin.

«Ces agissements barbares, me semble-t-il, compte tenu des éléments dont je dispose, sont des actes qui sont imputables au terrorisme islamique», a déclaré le chef du gouvernement.

«Je veux vous faire part de ma totale indignation. La laïcité, colonne vertébrale de la République a été, à travers cet acte ignoble, visée», a-t-il tonné, prévenant que «nous n’avons pas l’intention de ne pas réagir face à ces agissements inadmissibles».

Guerre contre l’islamisme

Marine Le Pen a quant à elle évoqué un «niveau de barbarie insoutenable», précisant que la victime a été tuée pour avoir montré les caricatures de Mahomet publiées par Charlie Hebdo à ses élèves. «L’islamisme nous mène une guerre: c’est par la force que nous devrons le chasser de notre pays», estime-t-elle.

«Il faut faire vraiment la guerre contre le poison de l’islam radical. Il faut lui faire la guerre vraiment pour l’éradiquer enfin», a déclaré Bruno Retailleau, président du groupe Les Républicains au Sénat. Le président LR des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, s’est insurgé contre «la barbarie islamiste» qui «s’en est pris à un des symboles de notre République: l’école». «Qu’ils sachent que nous ne plierons pas», ajoute-t-il.

«Il salit sa religion»

Du côté de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon a déploré un «ignoble crime» et considère que «l’assassin se prend pour le dieu dont il se réclame. Il salit sa religion. Et il nous inflige à tous l’enfer de devoir vivre avec les meurtriers de son espèce». Alexis Corbière, député LFI de Seine-Saint-Denis, réclame quant à lui une journée de deuil national: «montrons notre indignation et notre unité! Ne laissons pas la haine l'emporter».

Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a lui aussi exprimé sur Twitter son indignation «contre la barbarie fanatique qui voudrait nous imposer son ordre». «À nos enseignants je veux dire tout mon soutien. L'école est le premier rempart républicain contre le séparatisme. Nous sommes à vos côtés pour tenir bon», conclut-il.

Des proches du terroriste arrêtés

Dans la soirée de vendredi à samedi, neuf personnes dont au moins quatre issues de l’entourage familial du terroriste ont été placées en garde à vue, informent Reuters et l’AFP. Sur Twitter, l’assaillant a publié une photo prouvant son acte et s’est adressé au chef de l’État: «À Macron, le dirigeant des infidèles, j’ai exécuté un de tes chiens de l’enfer qui a osé rabaisser Muhammad». Il a été abattu par des policiers de la BAC.

Parmi les autres personnes arrêtées figurent des parents d’élèves qui avaient exprimé publiquement leur mécontentement envers l’enseignant après l’affichage des caricatures en classe. Le parquet antiterroriste s’est saisi de l’enquête pour «assassinat en relation avec une entreprise terroriste» et «association de malfaiteurs terroriste criminelle». D’après les premiers éléments de l’enquête, l’assaillant était âgé de 18 ans, d’origine tchétchène et né à Moscou.

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politique, professeur, réactions, Yvelines, terrorisme, attentat
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