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Enseignant décapité en région parisienne (77)
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Plusieurs élèves de Samuel Paty ont témoigné auprès de Libération, dépeignant un enseignant ayant le sens de l’humour comme celui de l’écoute. Certains décrivent la manière dont il menait ses cours autour des caricatures.

Samuel Paty était un enseignant apprécié de ses élèves, à en croire les témoignages que certains d’entre eux ont donné à Libération. L’enseignant est tour à tour décrit comme «drôle», «gentil» et «ouvert».

«On voulait tous l’avoir […] Il était trop drôle. Par exemple, quand il voyait que l’on s’endormait un peu, il disait d’un coup "Kinder bueno" assez fort. Forcément, on se réveillait», explique ainsi Charlotte, 13 ans, au quotidien.

D’autres insistent sur ses qualités d’enseignant et de pédagogue. Des élèves brossent ainsi le portrait d’un professeur qui «donnait envie d’apprendre», même à ceux peu férus d’école.

«Il soignait ses approches, dressait des ponts entre les différentes matières, montrant les évolutions de l’histoire des idées, les ancrant dans le contexte de l’époque. Il créait toujours des moments de débat, ne les orientant jamais vers un quelconque parti», explique à Libération Jean-Philippe, ancien collégien.

Une popularité qui s’est traduit dans les hommages rendus ce week-end devant les portes du collège du Bois d’Aulne, à Conflans-Sainte-Honorine. De nombreux élèves et parents s’y sont en effet donné rendez-vous pour y déposer des fleurs et des bougies.

Cours sur les caricatures

Certains adolescents ont également livré à Libération leur ressenti sur le cours lié aux caricatures de Mahomet, qui avait provoqué des tensions avec certains parents d’élèves. L’enseignant abordait ce thème en séance d’éducation morale et civique (EMC) depuis plusieurs années déjà, jusqu’à son cours du 5 octobre qui a créé la polémique.

«Il a proposé aux élèves musulmans de sortir de la classe et il nous a montré une image de Mahomet nu. Il a expliqué que c’était une caricature. Après, les élèves sont revenus et voulaient savoir mais sur le moment, on n’a rien dit et on a repris les cours comme si de rien n’était», explique au quotidien Ludérick, élève de quatrième.

Mounia, mère d’une élève qui a assisté deux années à ces séances autour des caricatures, souligne qu’aucune remarque n’avait été formulée alors.

«Ma fille était surprise parce qu’elle ne connaissait pas du tout le monde de la caricature. Et comme ça touchait le prophète, ça l’a touchée. Je lui ai expliqué que c’était à prendre au second degré. C’est à nous, en tant que parents, de leur expliquer aussi, parce que selon la maturité des gamins, ça ne passe pas forcément», confie-t-elle à Libération.

Le 16 octobre, Samuel Paty a été décapité par un terroriste d’origine tchétchène qui lui reprochait justement d’avoir diffusé ces caricatures de Mahomet en classe. Le meurtrier a par la suite été abattu par la police. L'enquête sur l’attentat se poursuit et 11 personnes sont à cette heure en garde à vue. Des rassemblements en hommage à l’enseignant ont réuni plusieurs milliers de personnes, dans différentes villes de France.

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Tags:
caricature, terrorisme, enseignement, élèves, Samuel Paty, Conflans-Sainte-Honorine
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