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Enseignant décapité en région parisienne (104)
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Dans les colonnes du Figaro plusieurs enseignants ont révélé que «lorsqu’on commence à parler de l’islam, l’atmosphère se tend immédiatement». Par crainte de représailles, nombreux sont ceux qui choisissent de ne pas aborder cette partie du programme.

Sur fond de décapitation de Samuel Paty à Conflans-Sainte-Honorine pour avoir montré des caricatures de Mahomet lors de ses cours sur la laïcité et la liberté d’expression, des professeurs se sont confiés auprès du Figaro sur les tendances auxquelles ils sont confrontés ces derniers temps lors de leurs cours.

Ainsi, après avoir vu les réactions de ses élèves qui disaient que «le Coran avait toujours raison et qu’il prévalait sur la loi pénale et les textes scientifiques», Jeanne, professeur de français dans un collège des Yvelines et qui faisait encore son cours sur les textes fondamentaux et religieux, a décidé de ne plus en parler afin d’éviter les ennuis:

«Cela fait plusieurs années que je ne parle plus du Coran à mes élèves de sixième, même si c’est au programme. […] Dans mon établissement, l’ambiance est parfois délétère. Les élèves viennent avec le drapeau de leur pays en cours, on entend des insultes contre les juifs, des revendications sur la politique d’Israël. […] En ne faisant pas ce cours, je m’enlève bien des problèmes», explique au Figaro l’enseignante.

Un historien dans un lycée de Nîmes avoue faire «attention à chaque phrase, chaque mot» lors de ses cours.

«Ici, en fonction de la manière dont tu tournes ta phrase, toute la classe peut te tomber dessus, et les parents avec. Pareil avec l’islam: lorsque l’on commence à en parler, l’atmosphère se tend immédiatement. Certains lycéens se braquent, nous répondent qu’on ne comprend rien, qu’on ne respecte pas», explique le professeur.

Empêchés d’alerter sur des comportements possiblement graves

Selon un enseignant d’école primaire, l’ingérence des parents n’apaise pas la situation. Ainsi, quand l’un de ses élèves a scandé un jour «Allahu akbar» en pleine classe, la directrice l’a dissuadé de parler aux parents, lui expliquant qu’il va au-devant de gros problèmes.

«On nous demande toujours de ne pas faire de vagues, peu importe la situation. Cela nous empêche d’alerter sur des comportements qui peuvent être graves», accuse-t-il.

«Les établissements les plus difficiles»» concernés

Selon le président du syndicat national des lycées et collèges (Snalc) Jean-Rémi Girard, les problèmes ci-dessus concernent surtout «les établissements les plus difficiles». C’est pour cette raison qu’il souhaiterait que l’institution accompagne et protège davantage les enseignants qui se trouvent dans ce cas.

«Ces situations existent depuis longtemps, mais rien n’a vraiment été fait pour les empêcher», assure-t-il.

Macron appelle à «faire bloc»

De passage sur les lieux de l’attaque à Conflans-Sainte-Honorine, dans les Yvelines, Emmanuel Macron a appelé la nation à être unie pour «protéger et défendre» les enseignants.

«Tous et toutes nous ferons bloc. Ils ne passeront pas. L'obscurantisme et la violence qui l'accompagne ne gagneront pas. Ils ne nous diviseront pas. C'est ce qu'ils cherchent et nous devons nous tenir tous ensemble», a ajouté le chef de l'État, en affirmant que «la nation toute entière sera là à leurs côtés, aujourd'hui et demain pour les protéger et les défendre».

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