PARIS MAYDAY
AU CŒUR DU MOUVEMENT PROTESTATAIRE FRANÇAIS
«J'ai commencé à couvrir les manifestations à Paris il y a plus de trois ans. À l'époque, mes seuls supports étaient un téléphone et une batterie externe. Maintenant, je suis équipée d'un casque, d'un gilet pare-balle, d'un masque à gaz et d'un masque de ski pour me protéger les yeux.»
C'est l'histoire d'une journaliste de Sputnik France qui couvre le mouvement des Gilets jaunes depuis le tout début. Au cours des mois de protestations, elle a été gazée avec du gaz lacrymogène, touchée plusieurs fois par des balles en caoutchouc, de divers projectiles et des canons à eau. Elle a subi de nombreuses blessures mineures et se faire asperger chaque semaine par du gaz lacrymogène a affecté sa santé. Elle a également été attaquée à la fois par la police et des casseurs. Nous n'avons pas divulgué son nom ni son visage pour des raisons de sécurité.

La manifestation de milliers de Gilets jaunes du 1er mai 2019 a été infiltrée par des casseurs et des extrémistes formant ce que l'on appelle les «Black Block». Ils sont venus de toute l'Europe à Paris pour «célébrer» la fête du Travail.
D'habitude, notre journaliste travaille seule. Mais pour ce tournage en particulier, exceptionnellement, nous avons engagé un garde du corps pour elle. Vous pouvez le voir en pivotant la vidéo. Il guide notre journaliste pour qu'elle puisse se concentrer sur le tournage avec deux caméras simultanément. La deuxième caméra dans sa main droite retransmet en direct la manifestation pour notre site Web et les réseaux sociaux.

Lors des manifestations, des galets de gaz lacrymogène et des grenades sont lancés au hasard, de sorte que n'importe qui peut devenir la victime d'une «balle perdue». Le gaz lacrymogène utilisé par la police est tellement toxique que même un masque à gaz approprié n'élimine pas le risque d'empoisonnement.
«J'ai été témoin et j'ai filmé les gens qui perdaient un œil ou une main à cause des grenades et des balles LBD utilisées par la police. J'ai vu les gens qui mettaient le feu à des immeubles, ce qui aurait pu facilement engendrer des victimes. J'ai vu des manifestants se faire frapper, y compris mes collègues qui travaillaient sur le terrain.»
Depuis plus de 10 ans, de nombreuses organisations de défense des droits de l'Homme dénoncent l'utilisation des LBD, dont Amnesty International. En 2019 le préfet de Paris, Éric Morvan, les considérait toujours comme «une réponse appropriée pour dissuader ou neutraliser une personne violente».

En 2020, l'usage des LBD est toujours autorisé
L'Onu a condamné la violence policière française et sa responsable des droits de l'Homme, Michelle Bachelet, a appelé la France à enquêter sur la «force excessive» utilisée contre les Gilets jaunes dans son discours annuel devant le Conseil des droits de l'Homme des Nations unies à Genève.

Ce reportage vidéo 360 illustre la neutralité de la presse, permettant ainsi à ceux qui le visionnent de décider par eux-mêmes de leur position par rapport au conflit entre les citoyens et les forces de l'ordre en France.
«Nous ne prenons pas parti et ne jugeons pas. Si on couvre aujourd'hui les manifestations à Paris, on doit être prêt à prendre des risques. Je continue à travailler car j'ai l'espoir que mes vidéos vont aider à comprendre que dans chaque conflit, il y a toujours deux parties.»