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Enseignant décapité en région parisienne (101)
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Interrogés par les enquêteurs, les collégiens soupçonnés d’être impliqués dans l'attentat qui a coûté la vie à Samuel Paty ont raconté comment ils avaient passé leur après-midi du 16 octobre, rapporte Le Parisien. Selon le journal, ils ont été dépassés par la situation.

Les collégiens soupçonnés d’avoir désigné Samuel Paty au terroriste ont raconté aux enquêteurs le déroulement des événements ayant précédé le meurtre, relate Le Parisien. Mis en examen le 21 octobre, pour «complicité d'assassinat terroriste», ces adolescents, de 14 ans à peine, risquent jusqu'à 20 ans de prison pour avoir livré des «informations fatales».

Ont-ils sciemment concouru à l’attentat du terroriste d’origine tchétchène ou ont-ils été manipulés? Selon le quotidien, les adolescents ont été totalement «dépassés par la situation».

«C'était pour venger Dieu»

D’après M., élève en 4e au collège du Bois d'Aulne de Conflans, cité par Le Parisien, le jeune Tchétchène Abdoullakh Anzorov l’a abordé et lui a demandé de «montrer» Samuel Paty en échange de «300 ou 350 euros». Il a expliqué à cet élève qu’il ne voulait que filmer ce professeur présentant ses excuses pour avoir montré en classe des caricatures du prophète.

«Il m'a dit qu'il voulait lui parler [à Samuel Paty, ndlr] pour qu'il demande pardon devant tous les musulmans en le filmant», témoigne l’adolescent, cité par Le Parisien. Il a ajouté qu’Anzorov lui avait expliqué que «c'était pour venger Dieu».

«Il a fait son mec» en proposant de l’argent aux adolescents

«Affamé par l'argent», M. invite E., un élève de 3e, à se joindre à la mission. «Je suis chaud», aurait-il répondu, relate Le Parisien. Ce deuxième avoue se douter de l'issue fatale.

«Il m'a dit "si je tombe, je tombe, au moins j'aurais vengé le prophète" […]. Il nous a dit qu'il voulait le taper et le prendre en vidéo, et l'humilier et le forcer à s'excuser», raconte E., cité par Le Parisien. «Il a fait son mec, il montrait l'argent à plein de gens du collège, il leur faisait voir dans sa poche».

«Jamais je n'aurais imaginé qu'il le décapite»

Malgré un mauvais pressentiment, personne n’a eu l'idée d'alerter un enseignant ou un surveillant. Dès que Samuel Paty est sorti du collège, les collégiens l’auraient désigné au terroriste. Après avoir remis l'argent promis à M., le terroriste a poignardé, puis décapité le professeur.

«Au fond de moi, j'ai cru qu'il allait le tuer. [...] En même temps, je ne pensais pas qu'il allait le faire», assure M., expliquant avoir voulu acheter des jeux vidéo avec son argent, relate le Parisien. «Jamais je n'aurais imaginé qu'il le tue, le décapite», déplore son camarade E.

Selon l’avocat de M., «la mise en examen pour complicité est lourde, elle est justifiée en droit, mais sur les faits elle se discute sur l'élément intentionnel». «Nous espérons une requalification», conclut-il.

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Enseignant décapité en région parisienne (101)

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Tags:
complicité, décapitation, attentat, meurtre, avocat, mise en examen, élèves, Samuel Paty
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