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Lorsque le vaccin anti-Covid-19 arrivera dans l’Hexagone il ne sera pas pour tout le monde, affirme auprès du Parisien, un expert auprès de l’OMS et à la Haute Autorité de Santé. Dénonçant la course aux vaccins qui ne relève que du business, il détaille les particularités de la vaccination contre le coronavirus.

En estimant auprès du Parisien que dans la course aux vaccins contre le coronavirus il n’y a «rien de scientifique» et qu’il ne s’agit que du «marketing des laboratoires», l’expert à la Haute Autorité de Santé et auprès de l’OMS Jean-Daniel Lilièvre a mis en garde contre un relâchement prématuré des efforts.

Pour ce chef du service des maladies infectieuses de l'hôpital Henri-Mondor de Créteil (Val-de-Marne), la montée des prix du vaccin par Pfizer est expliqué par le souhait de son PDG de «dégainer le premier avec des résultats partiels pour faire le buzz». 

«Un virus assez simple»

M.Lilièvre est convaincu qu’il aurait fallu commencer par expliquer au mois d’avril pourquoi le développement des vaccins pouvait être rapide:

«On connaissait bien l'agent pathogène, on avait déjà tous les éléments technologiques en notre possession. C'est un virus quand même assez simple, ce n’est pas la grippe ou le VIH.»

Et de poursuivre que normalement, «on attend la fin de l'essai de phase 3 pour commencer à construire des usines et produire»:

«Les industries pharmaceutiques n'ont pas pris trop de risque à développer des vaccins et aller vite dans l'outil de production.»

Qui aura le vaccin en premier?

«Les personnes qu'on va vouloir vacciner en priorité sont les sujets très à risque, pour qu'il n'y ait plus d'encombrement des services hospitaliers. Vous avez 70 ans, du diabète, de l’hypertension…», a-t-il poursuivi.

À titre d’exemple, «si on prend mon fils de quatre ans, il n'y a aucun bénéfice», a-t-il affirmé en ajoutant que «cela n'a d'ailleurs pas été validé pour les enfants»:

«On les vaccinera peut-être plus tard, quand on aura accumulé suffisamment de données. Méfions-nous, et surtout soyons clairs sur le fait qu'on ne va pas vacciner tout le monde.» 

Immunité collective

Et d’expliquer qu’il y a une différence entre «l'efficacité individuelle et l'efficacité collective»:

«Par exemple, le vaccin de la rougeole empêche de se contaminer et pour arriver à cette immunité collective il faut vacciner 95% de la population. Dans le cadre du SARS-Cov 2, qui est beaucoup moins transmissible, il faut vacciner 60 à 70% de la population pour y parvenir. C'est énorme». 

En outre, l’effet réel du vaccin sur la transmission n’est pas encore connu. Il n’est donc pas possible d’affirmer qu’en vaccinant tout le monde la maladie sera éradiquée:

«Il faut être mesurés dans les objectifs qu'on va avoir» conclut Jean-Daniel Lilièvre.

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Tags:
vaccin, France, OMS, Covid-19, vaccination
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