France
URL courte
Par
24956
S'abonner

Malgré les polémiques, dont celle de ce lundi concernant l’évacuation de migrants à Paris, le préfet Didier Lallement reste en place, bénéficiant toujours de la confiance de Gérald Darmanin. Plusieurs sources au sein de la police ont dépeint auprès de L’Express cet homme qui «aime être détesté».

Une nouvelle fois appelé à la démission après l’évacuation polémique du camp de migrants sur la place de la République à Paris, Didier Lallement semblait menacé cette semaine, jusqu’à ce que le ministre l’Intérieur renouvelle sa «confiance» envers lui et qualifie l’opération de «légitime», malgré des «gestes inacceptables». Des cadres de la police ont dressé le portrait de cet homme controversé auprès de L’Express.

«Il en rajoute et la ramène un peu, il aime être détesté. Il s'en fout d'être aimé, il tient la boutique», explique un gradé.

Il n’empêche que le poste de préfet est réputé pour être un «fusible», en témoigne son prédécesseur Michel Delpuech. Mais depuis son arrivée à la tête de la préfecture de police de Paris en mars 2019, sélectionné par Macron, M.Lallement semble indétrônable.

Il a pourtant traversé les épreuves et les polémiques, entre sa méthode critiquée de maintien de l’ordre lors de la crise des Gilets jaunes, sa réplique à une manifestante sur son appartenance à un autre «camp» ou encore l’affaire Chouviat, ce livreur décédé après son interpellation à Paris. Lors de la crise sanitaire, il accuse ceux qui se trouvent «dans les réanimations» de n’avoir pas respecté le confinement. Face au tollé, il présente ses excuses et garde toujours son poste.

Détesté de tous?

Si un policier reconnaît auprès du média que Didier Lallement est «devenu l’une des personnes les plus détestées de France», tous ne semblent pas partager ce sentiment en interne. «Le moins que l'on puisse dire, c'est que c'est quelqu'un de singulier. Quand on le rencontre, il est plus cordial que l'animal à sang-froid que l'on s'imagine», assure un fonctionnaire.

«Quand on le côtoie, ce qui est marquant, c'est son analyse souvent très fine de la situation, il a des côtés sociologue sur les bords. C'est toujours très intéressant de l'entendre, c'est souvent ce que l'on se dit entre nous à la sortie des réunions», affirme un responsable de la police.

Puissant et informé

En effet, au fil de son expérience, le préfet s’est imposé comme «l’une des personnes les plus informées et puissantes de France», estime une source policière de L’Express. Nommé pour apporter une réforme profonde de la préfecture, avec une décentralisation de l’institution, il se bat au contraire pour la rendre plus puissante, souhaitant englober la police judiciaire de Versailles, indique 20 Minutes.

«Lui qui était arrivé pour réformer s'est rendu compte de quel outil formidable il avait entre les mains», commente un autre gradé. In fine, la préfecture de police de Paris pourrait juste perdre sa brigade de recherche d’intervention qui serait rattachée au RAID de la police nationale, toujours sous la direction du préfet.

Lire aussi:

«J’ai fait une bêtise mais elle n’a pas souffert»: l’ex-compagnon de la femme tuée à Alençon se livre
Un mort et plusieurs blessés après une fusillade dans l’Arizona
Alexeï Navalny interpellé à son retour en Russie
Une vingtaine de voyous s’attaquent aux pompiers de la Drôme avec des tirs de mortiers et des pierres
Tags:
forces de l'ordre, portrait, polémique, Gérald Darmanin, Préfecture de police de Paris, Didier Lallement
Règles de conduiteDiscussion
Commenter via SputnikCommenter via Facebook