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Deux ans après la mort de Zineb Redouane, sa fille devait déposer plainte ce mardi contre Christophe Castaner qui avait tenté par ses propos d’«entraver la manifestation de la vérité» en disculpant le CRS ayant lancé la grenade fatale. Le fonctionnaire a été mis en cause le 30 novembre par une expertise indépendante.

La fille de Zineb Redouane, décédée en 2018 à Marseille après avoir été touchée par un tir de grenade lacrymogène, devait porter plainte mardi 1er décembre contre Christophe Castaner devant la Cour de justice de la République (CJR) pour «altération et soustraction de preuves», rapporte Le Monde.

Cette décision a été prise face aux propos de M. Castaner, ministre de l’Intérieur à l’époque, qui avait affirmé au lendemain des faits que la femme était décédée «d’un choc opératoire et non d’un choc facial», disculpant ainsi le CRS ayant lancé la grenade. Selon l’avocat de sa fille, ces propos ont visé à «entraver la manifestation de la vérité».

En deux ans, l’enquête judiciaire n’a abouti à rien. Le dépaysement de l’instruction a eu lieu en juin 2019 à Lyon, à la demande de l’avocat de sa fille, pour «recherche des causes de la mort».

Surtout, la présence d’un magistrat du parquet de Marseille sur les lieux de la manifestation a pu «créer une forme de suspicion», empêchant la «sérénité» de l’information judiciaire, selon le procureur général près la cour d’appel d’Aix-en-Provence.

La victime atteinte «de manière totalement accidentelle»

En juin, Le Monde révélait que le CRS responsable du tir avait été reconnu innocent par le rapport d’expertise balistique. Celui-ci avait établi que «la grenade de type MP7 lancée par l’arme de type Cougar a atteint la victime de manière totalement accidentelle, au cours de la progression ascensionnelle du projectile».

Une conclusion qui n’a pas été partagée par la famille de la victime. Elle était au téléphone avec sa fille lorsqu’elle a été touchée et a dit avant cela qu’elle voyait de sa fenêtre deux agents positionnés en face de son immeuble.

«Elle avait son portable à la main, peut-être a-t-il pensé qu’elle filmait», s’interroge sa fille mais son avocat estime qu’il s’agissait d’un tir tendu, strictement interdit face à un immeuble d’habitation.

Une expertise qui va à l’encontre de la version officielle

Une nouvelle expertise menée par l’ONG Disclose, dont les conclusions ont été rendues publiques le 30 novembre, met en cause le tireur et son superviseur.

«À l’aide de documents inédits et d’une modélisation 3D des événements, Disclose et Forensic Architecture ont réalisé une contre-expertise des faits. Cette reconstitution permet de démontrer la responsabilité de la police dans la mort de Zineb Redouane, le 2 décembre 2018».

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Tags:
grenades lacrymogènes, Zineb Redouane, France
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