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L’IGPN a été saisie pour un trafic de véhicules en Île-de-France. Il avait été rendu possible grâce à la complicité d’un ou plusieurs policiers qui les effaçaient du fichier des voitures volées, relate ce 8 décembre une longue enquête du Parisien en parlant «d’une ampleur rare».

Un ou plusieurs policiers ont été complices d’un trafic de voitures volées qui se serait étalé sur plusieurs années, relate ce 8 décembre Le Parisien.

«En termes de préjudice, on est au-delà de trois millions d’euros. Et c’est sans compter sur l’image que cela donne encore de la police», a estimé l’un des acteurs du dossier au journal.

Le principal suspect a été en poste dans deux commissariats parisiens, dont dans le XXe arrondissement.

Les faits ont été rendus possibles grâce à l’effacement des véhicules volés du fichier de la police. Depuis début 2020, plus de vingt voitures dont certaines valaient plus 20.000 euros ont été dérobées, selon une source proche de l’enquête.

Réseau à l’échelle de l’Île-de-France

C’est depuis plusieurs mois que l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) mène une enquête, l’ouverture de l’information judiciaire remontant au 9 mars dernier, poursuit l’article.

«15 personnes dont un policier ont été placées en garde à vue ce mardi matin sur commission rogatoire. Elles l’ont été essentiellement pour des faits de recel de vol en bande organisée, blanchiment, association de malfaiteurs, corruption et modification frauduleuse de données à l’encontre d’un système informatisé de données mis en œuvre par l’État».

Différents complices, comme des garagistes ou des particuliers de plusieurs départements franciliens ont été identifiés. La hiérarchie du commissariat du XXe arrondissement n’était pas au courant des faits:

«Impossible de savoir qui est complice, et en dehors des dossiers de stupéfiants, on a rarement vu un trafic et une fraude de cette ampleur dans la police, parisienne de surcroît», a indiqué une source au quotidien francilien.

Une autre a précisé que selon de nombreuses vérifications il y aurait plusieurs policiers impliqués et que ceux-ci «auraient agi sans comprendre ce qui se tramait».

«Les agents qui ont sorti les voitures de la liste des voitures volées l’ont fait en toute bonne foi, sur l’appel du principal suspect», d’après une troisième.

Des données alambiquées 

Le quotidien indique que les faits ont été dévoilés grâce aux plaintes déposées par des particuliers, mais aussi à une alerte d’Argos: certains des véhicules volés avaient disparu des fichiers de la police, alors que ni leur propriétaire ni les assurances ne les avaient récupérés.

L’une des victimes de Seine-Saint-Denis envisageait ainsi de vendre son véhicule pour 27.000 euros, mais le 14 février il a été dérobé:

«L’acheteur voulait l’essayer avant de la prendre, je lui ai passé la clé, mais le temps que je monte à la place passager, il avait démarré», a-t-elle raconté.

Bien qu’il ait déposé une plainte et ait contacté son assurance, «comme c’était un vol par ruse, sans effraction, ce n’était pas pris en charge». La victime n’a donc pas reçu un centime de dédommagement.

Le 11 mai, il a reçu un courrier de son assureur, lequel indiquait que la voiture avait été retrouvée le 6 mai. Il s’est alors présenté à l’accueil du commissariat parisien:

«On m’a pris de haut en me disant que mon véhicule n’avait pas été retrouvé et on m’a même demandé si je ne cherchais pas à arnaquer quelqu’un, relate-t-il. J’ai rappelé mon assurance qui m’a dit que c’était incompréhensible.»

Une nouvelle lettre de la part de l’assureur, datant du 1er juillet et intitulée «vol véhicule retrouvé» indiquait toutefois que «l’identification n’a pas évolué».

Le mécanisme des vols 

Le lendemain de la découverte de la voiture, elle a été effacée du fichier des véhicules volés. Selon une source du Parisien, «il n’y a que les policiers et les gendarmes qui peuvent procéder à ce type d’acte». Et a fini vendue à une famille étrangère à la fraude.

«Pour eux, il n’y a aucun moyen […] de savoir que cette voiture a été volée, tout est en ordre et la préfecture a immatriculé le véhicule sans problème, comme lors des transactions précédentes», explique une autre source au quotidien.

La victime a déposé une plainte contre X. 

«Cette manipulation n’a pu être effectuée qu’avec l’assistance d’un ou plusieurs policiers, fonctionnaires de l’État. Compte tenu de la faute lourde dans le cadre d’une procédure judiciaire, l’État a engagé sa responsabilité et doit réparer le dommage causé à mon client», a insisté son avocat, Me Arnaud Dobblaire.

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Tags:
trafic, véhicule, Île-de-France, Inspection générale de la police nationale (IGPN), police
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