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Un feuillet avec des menaces a été collé à l'entrée de la Cellule départementale d'accueil des mineurs non accompagnés de Seine-Saint-Denis, à Bobigny. «Vous allez tous brûler en enfer», dit l’auteur du message, dénonçant les «discriminations» dont il croit pâtir, rapporte Le Parisien. Certains employés ont fait valoir leur droit de retrait.

Des employés chargés de prendre soin de mineurs étrangers non-accompagnés en Seine-Saint-Denis ont découvert une inquiétante lettre le 9 décembre. Son auteur, anonyme, y dénonce le «racisme» et les «discriminations» dont il estime être victime, relate Le Parisien.

«Vous allez tous brûler en enfer», indique également le message. Arraché à un grand cahier d'écolier, le feuillet a été trouvé à Bobigny, collé à l'entrée de la Cellule départementale d'accueil des mineurs non accompagnés (CAMNA) de Seine-Saint-Denis.

Cette lettre a d’ailleurs évoqué le nom d'une cadre du service. Un second message similaire a été placardé derrière le bâtiment. Une autre lettre, plus courte, a été également trouvée par le personnel lundi.

«Des menaces, des agressions, on connaît ça de temps en temps»

Certains travailleurs sociaux ont fait valoir leur droit de retrait qui permet aux salariés qui estiment faire face à un danger grave et imminent de cesser le travail. Une plainte a été déposée, la sécurité du site a été renforcée et un accompagnement psychologique proposé.

«Ce n'est pas la première fois que ça arrive. Des menaces, des agressions, on connaît ça de temps en temps. Le problème, c'est qu'on fait face à une charge de travail très supérieure à ce qu'elle devrait être. Il y a un ras-le-bol général. On est frustrés de ne pas pouvoir aider correctement les jeunes qu'on nous confie. Certains dorment dans des hôtels pourris!», a expliqué une éducatrice, toujours au Parisien. Et d’ajouter: «Je ne cautionne pas ce qui est écrit sur la porte, mais je peux le comprendre.»

«Turn-over énorme»

Actuellement, près de 1.700 mineurs étrangers sont pris en charge en Seine-Saint-Denis, dont 1.457 à la cellule de Bobigny. Les agents les reçoivent et leur distribuent une allocation, mais il y a «un turn-over énorme», dit une autre employée. Un autre indique être en charge de 150 dossiers.

D’après le syndicat FSU Territoriale qui a soutenu les travailleurs, «ces menaces inacceptables sont la conséquence du manque de moyens pour l'accueil des mineurs non accompagnés, qui se retrouvent dans des situations désespérées et s'en prennent à leurs premiers et seuls interlocuteurs: le personnel de la CAMNA.»

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mineurs, migrants, France
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