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«Depuis l'assassinat de Samuel Paty, je vois se déverser un incroyable tsunami de haine contre moi sur les réseaux sociaux». Dans un entretien à Valeurs actuelles, l’imam de Drancy, Hassen Chalghoumi, a dit «porter un gilet pare-balles» et faire l'objet de milliers de menaces de mort pour avoir «simplement» demandé aux musulmans de se «réveiller».

Hassen Chalghoumi, l’imam de Drancy, voit se déverser «un incroyable tsunami de haine» contre lui sur les réseaux sociaux» depuis l'attentat de Conflans-Sainte-Honorine, a-t-il dit dans une interview à Valeurs actuelles sortie ce 13 décembre.

«Pour le simple fait d'avoir demandé pardon devant le collège de Conflans et condamné le criminel qui a pris ma religion en otage, j'ai reçu 12.000 commentaires haineux sur ma page Facebook. Menaces de mort, insultes, critiques… Rendez-vous compte, j'écope de tout cela car j'ai simplement demandé aux musulmans de se "réveiller" et d'en finir avec le discours victimaire qui a ruiné la jeunesse», dit l’imam.

L’islamisme a «encore gagné du terrain»

D’après Hassen Chalghoumi, cinq ans après l'attentat du 13 novembre au Bataclan, il constate que l'islamisme a «encore gagné du terrain» et que «la terreur n'a jamais changé de camp». À cause de «la propagande de groupes radicaux», il dit devenir «un monstre, l'ennemi numéro un».

«Certains de mes amis qui ont des réseaux dans le monde musulman m'ont rapporté que j'étais sur toutes les lèvres. En Turquie, au Pakistan. Partout, je suis perçu comme le traître à abattre. J'ai déjà vécu des tensions en 2010 et en 2015, mais ce n'était encore rien comparé à ce qui m'arrive depuis la mort de Samuel Paty.»

Conséquences sur la vie quotidienne

Les menaces vont bien au-delà des réseaux sociaux, affirme l’imam de Drancy, ajoutant qu’une partie de la jeunesse «cherche ouvertement la confrontation». Selon lui, il arrive souvent que «des islamistes viennent à la mosquée ou m'interceptent dans la rue pour m'insulter, voire me cracher au visage».

«Il y a quelques années, des hommes ont cassé le nez de mon épouse sur un marché à Bobigny. Quant à ma fille, elle a pris 30 kilos depuis sa dernière persécution. C'est une réalité, beaucoup sont prêts à passer à l'acte. J'ai défendu la liberté de la France au prix de ma liberté individuelle. Aujourd'hui, je ne peux même plus marcher dans la rue, c'est un lourd tribut que je paie.»

L’amour de la France et de sa religion

Le religieux dit être animé par trois choses: l’amour de la France et de sa religion, ainsi que son engagement pour la liberté et la démocratie.

«Le plus important pour moi est de défendre la République et son peuple. Je crois sincèrement que les Français méritent un prix Nobel de la paix, ils n'abandonneront jamais leurs valeurs», souligne-t-il.

Un gilet pare-balles

M.Chalghoumi révèle qu’à cause de cette situation il «ne réside pas plus de trois ou quatre jours au même endroit» et qu’il «porte un gilet pare-balles».

«Dès que l'on me repère, je dois partir. Je n'ai pas le choix. J'ai même dû mettre ma maison en vente… À la mosquée de Drancy, je n'officie plus qu'une semaine sur deux lors de la prière du vendredi, pour ne pas mettre en danger les policiers qui m’accompagnent.»

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Tags:
attentat, Samuel Paty, islam, France
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