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Touchés par la crise économique provoquée par la pandémie de Covid-19, certains parents, notamment des mères isolées, n’ont plus les moyens de nourrir leurs enfants. Une urgence qui a donné naissance à l’association MaMaMa qui vient en aide les tout-petits en détresse.

La crise du Covid-19 a aggravé la précarité de certaines familles, dont un nombre grandissant ne parvient plus à couvrir ses besoins vitaux. La sous-alimentation des nourrissons est devenue une urgence lors du confinement quand de nombreux parents se sont retrouvés sans emploi.

«Des femmes ne parvenaient plus à allaiter, et se privaient de nourriture, pour pouvoir nourrir leur enfant, au risque de s’évanouir», déplore auprès de franceinfo Magali Bragard, cofondatrice de MaMaMa.

Cette urgence perçue comme «un maillon manquant essentiel de la chaîne de solidarité» a poussé lors du premier confinement de mai quatre femmes de Saint-Denis à créer une association caritative appelée MaMaMa. Aujourd'hui, elle compte plus d’une centaine de bénévoles, rapporte franceinfo.

Au secours des bébés en détresse

La précarité touche principalement les femmes. «Ce sont souvent elles qui gardent et nourrissent les enfants» vivant sous le seuil de pauvreté, explique au média Magali Bragard. L’association leur livre des colis alimentaires, des produits d’hygiène et de première nécessité.

«C'est stressant de ne pas avoir les moyens de bien nourrir son enfant comme les autres mamans», confie à franceinfo la mère d’une petite fille d'un an. Mais l’apparition de MaMaMa lui a «remonté le moral». «Je peux compter sur eux. Je peux enfin nourrir mon bébé», se réjouit-elle.

Pour Brigitte Saleg, directrice de la Protection maternelle et infantile (PMI) Les Moulins, «il y aurait eu des drames» sans cette association qui sauve des bébés en détresse. «Il y aurait eu bien davantage d'enfants malnutris depuis le premier confinement».

«Ce qui est aussi inédit, c'est la simplicité des démarches. Il n’y a pas de procédure administrative, avec conditions de revenus ou de domiciliation, pour bénéficier de ces colis. C'est important pour ces familles qui, nous le savons, en ont vraiment besoin», souligne Brigitte Saleg auprès de franceinfo.

Des subventions d'environ 70.000 euros sont promises par le département et la préfecture de Seine Saint-Denis. Mais ça reste insuffisant pour aider tous les désireux, précisent les cofondatrices de MaMaMa.

Une réponse globale aux femmes en difficulté

Selon franceinfo, 30.000 jeunes enfants en détresse ont été identifiés en Île-de-France, et la situation risque de s'aggraver à cause de la crise économique. L’équipe de MaMaMa veut apporter une réponse globale aux femmes victimes de précarité en leur proposant un emploi.

«L'objectif est de lancer une cantine de tournage solidaire avec les femmes qui ont besoin de colis alimentaires, pour leur permettre de gagner leur vie, comme cuisinières. Ce que nous voulons, c'est être intégrées dans une démarche globale, avec les PMI, et les centres sociaux. Et tous ensemble, inventer une nouvelle façon de prendre en compte les mères isolées», font savoir les cofondatrices de MaMaMa au média.

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Tags:
nourriture, bébé, mère, pauvreté, Covid-19
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