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Invité sur LCI, Alain Finkielkraut a mis en doute l’existence d’un «privilège blanc» en France. Le philosophe voit dans la banalisation de ce concept un danger pour les sociétés démocratiques.

Le philosophe et essayiste Alain Finkielkraut a pourfendu la notion de «privilège blanc», sur le plateau de LCI. Le concept avait été esquissé par Emmanuel Macron lors d’un entretien avec L’Express, dans lequel le Président affirmait qu’«être un homme blanc [créait] des conditions objectives plus faciles» pour accéder à l’emploi et au logement, notamment.

Un point de vue critiqué par l’auteur de l’Identité malheureuse, qui doute de la réalité d’un tel privilège en France. Le philosophe assure au contraire que la France a mis en œuvre une «politique de la diversité», parfois défavorable au «mâle blanc de moins ou de plus de cinquante ans».

«Au nom de cette lutte contre le “privilège blanc”, on a mis en place une politique de la diversité. Ce qui fait d’ailleurs qu’aujourd’hui, dans de très nombreuses professions, le prétendu “privilège blanc” se renverse en handicap. Il vaut mieux être une femme, et peut-être une femme issue de la diversité pour obtenir un poste», explique-t-il sur LCI.

Une notion dangereuse pour la démocratie

L’animateur de la célèbre émission Répliques alerte encore sur les dérives que pourrait entraîner le concept de «privilège blanc». La notion porte selon lui atteinte à «l’esprit de la démocratie», censé donner la prépondérance à l’individu, indépendamment de ses origines.

«Il y a là quelque chose qui se retourne contre la démocratie elle-même. La démocratie, c’est la société des individus et tout d’un coup on nous explique que nous ne sommes plus des individus: les gens sont sans cesse renvoyés à leur provenance, leur origine, leur couleur de peau […] Cela peut aller extrêmement loin», déclare-t-il ainsi sur LCI.

L’antiracisme dévoyé

Alain Finkielkraut souligne encore que cette notion de «privilège blanc», venue des États-Unis, était symptomatique d’une «extension démente du racisme». Le racisme ne relève plus du préjugé mais devient un «système», qui fait peser le soupçon sur toutes les personnes blanches, considérées comme «favorisées».

«Le racisme, c’était le préjugé. Contre les Noirs, les Arabes, les Juifs, les Asiatiques. Mais avec le “privilège blanc”, le racisme n’est plus un préjugé, c’est un système. Un système qui englobe tous les blancs […] Vous vous croyez antiraciste, vous professez des opinions universelles, mais pas du tout, vous êtes favorisés, et donc vous êtes racistes, malgré vous», a ainsi affirmé l’académicien à David Pujadas.

À la suite des propos d’Emmanuel Macron dans L’Express, la ministre déléguée Élisabeth Moreno avait elle aussi fait explicitement référence au «privilège blanc» sur LCI. Sa prise de position avait semé la zizanie dans les rangs de la majorité, plusieurs députés LREM se désolidarisant de ses dires.

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Tags:
discrimination positive, race, Emmanuel Macron, racisme, antiracisme, Alain Finkielkraut
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