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Les cas de Covid-19 continuent d’augmenter. La souche britannique a été détectée en France. Pour les prestataires de foires et salons, les perspectives de reprise d’activité s’éloignent. Ce mercredi 6 janvier, une poignée d’entre eux ont décidé de signifier leur colère devant l’Assemblée nationale. Sputnik était sur place.

«Nous n’avons jamais repris notre activité. On est dans une situation de désespoir, nos entreprises sont en train de mourir. […] On est très inquiet. On est à l’agonie.»

Carole Hasson, cofondatrice d’Iskis Création, un bureau d’étude qui conçoit et réalise notamment des stands d’exposition, ne peut cacher ses craintes au micro de Sputnik. En effet, l’activité des prestataires de foires et salons est à l’arrêt depuis mars 2020. Un secteur qui représente 350 bureaux d’études, plus de 3.000 entreprises, près de 40.000 emplois directs et 400.000 indirects. Pour alerter le gouvernement sur leur situation, une trentaine de manifestants ont installé des croix et des cercueils arborant le nom de leur profession devant l’Assemblée nationale.

​«Ce sont les funérailles de notre métier, c’est la mort annoncé de plusieurs entreprises», résume Carole Hasson.

Pour eux, l’objectif est clair! «On veut reprendre notre activité», martèle Salah, gérant de la société d’événementiel El Events. En appliquant des protocoles sanitaires adaptés, évidemment. Pour ce faire, ces professionnels proposent notamment de réserver l’accès aux événements aux personnes pouvant justifier d’un test PCR négatif. Ils proposent aussi de porter une attention particulière à la gestion des flux de personnes. C’est d’ailleurs leur cœur de métier, souligne le patron d’El Events.

«Une mort lente» des savoir-faire français

Cependant, ils ne se font guère d’illusion, à l’image de Thibaut Vitasse, décorateur dans un bureau d’étude, qui confie à Sputnik ne pas «être serein».

«On espère une reprise en septembre, mais cela veut dire que l’on a encore huit ou neuf mois à attendre avant un redémarrage hypothétique du secteur de l’événementiel avec les salons et les expositions. On ne sait pas comment on va tenir», avoue Thibaut Vitasse.

Une situation qui a d’ailleurs le don de l’exaspérer. «Ce qui nous fait hérisser le poil sur la tête, c’est que, tous les jours, on voit des situations dans les transports en commun, dans les centre commerciaux, où les gens sont tous les uns contre les autres», s’insurge-t-il.

«Notre métier, c’est d’organiser la circulation des gens! Qu’on nous laisse travailler et organiser sereinement des événements. […] Aujourd’hui, il y a un manque de confiance des organisateurs ou de l’État dans nos métiers.»

Un manque de confiance dans leur capacité d’organisation qui pourrait s’avérer dramatique sur le long terme. D’autant plus que plusieurs faillites sont déjà à déplorer affirme Carole Hasson.

​De son côté, Thibaut Vitasse estime que l’on assiste à «une mort lente de notre métier et des savoir-faire que l’on a acquis en France depuis des décennies».

Pour tenter de survivre, ils souhaitent notamment que le gouvernement prolonge les aides jusqu’à la réouverture effective. Ils réclament de baisser la condition d’attribution de celles-ci de 80 à 70% de perte de CA. Ils suggèrent que les prestataires installateurs de stands d’exposition soient rattachés à la liste S1. Une classification qui a son importance puisque les conditions d’accès aux aides y sont un peu plus avantageuses.

Mais, attention, comme le précise Salah, «on ne veut pas endetter le pays. On ne veut pas être dépendant de l’État, on est déjà tributaire des organisateurs de salons

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