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L’historien Éric Anceau consacre un ouvrage aux mal-aimés du peuple français: les élites. En pleine crise du coronavirus, alors que plane encore le souvenir des Gilets jaunes, ceux qui gouvernent sont la cible d’attaques récurrentes. Un classique français qui s’explique néanmoins par l’abandon des élites de leur mission originelle. Entretien.

La défiance du peuple français envers ses élites ne date pas d’hier. La crise du coronavirus et les accusations d’incompétence ou de «nullité» n’ont fait que confirmer une tendance de fond. À savoir la méfiance des citoyens envers ceux qui ont la responsabilité de les représenter et de les gouverner. Dans le fond, le peuple ne reprocherait pas tant aux élites d’exister que de ne pas assez défendre les intérêts de la nation française.

C’est ce qu’explique Éric Anceau, pour qui les élites sont souvent critiquées lorsqu’elles «travaillent à leurs propres intérêts plutôt qu’à l’intérêt général.» Ce qui les a poussées «plus d’une fois à trahir!»

Et l’historien de rappeler néanmoins, qu’à part quelques exceptions historiques et certains courants de pensée, tous les mouvements politiques se sont appuyés sur une élite. La plupart des Gilets jaunes s’étaient également mis en quête d’une élite qui puisse incarner et traduire leurs aspirations politiques. Il n’y aurait donc pas d’ADN anti-élitiste dans le peuple français. Les accusations actuelles de «nullité» ou de «trahison» prendraient davantage racine dans l’abandon par les élites de la défense de la souveraineté du pays au profit d’une intégration européenne, voire mondialiste, toujours plus poussée et donc impopulaire. Face à l’échec de la «mondialisation heureuse» d’Alain Minc, la possibilité de voir une élite de substitution prendre le dessus semble aujourd’hui plus que jamais possible.

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Tags:
populisme, gilets jaunes, élites
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