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Face aux tensions entre la Turquie et la France un spécialiste français de l’Islam a exhorté sur Europe 1 à «balayer devant notre propre porte». En outre, il estime que le discours des Mureaux d’Emmanuel Macron servira de «base concrète» aux universitaires pour «produire des connaissances sur cette religion».

Invité ce mercredi 10 février sur Europe 1, Gilles Kepel, spécialiste de l’Islam et du monde arabe contemporain, appelle à régler les propres erreurs de l’Hexagone liées à la religion avant de critiquer la Turquie face à «sa campagne antifrançaise alimentée par le Président turc».

​«Il faut balayer devant notre propre porte», a-t-il déclaré ajoutant que le discours des Mureaux d’Emmanuel Macron qui avait précédé de deux semaines l’assassinat de Samuel Paty était «visionnaire» dans ce sens.

Selon lui, le séparatisme islamiste dont le Président de la République a parlé est «inaudible dans le monde musulman», car «personne n’a pensé à le traduire» alors que le terme islamiste est interprété comme «islamique ou musulman» par les journalistes, les relais d’opinion.

«Du coup, on a fait d'Emmanuel Macron et de la France un pays "islamophobe"», note-t-il.

Soulignant l’importance du discours des Mureaux traduit en arabe et en anglais, il le qualifie de «base concrète» qui permettra aux universitaires de «produire des connaissances sur cette religion de manière plus sérieuse».

Des relations tendues

Les relations entre la France et la Turquie se sont dégradées après l'assassinat, en octobre dernier, de l’enseignant Samuel Paty, décapité près d’un collège des Yvelines pour avoir montré en classe des caricatures du prophète Mahomet. Le Président de la République a déclaré que la France ne renoncerait pas à la publication de tels dessins. En réponse, son homologue turc a appelé ses concitoyens à ne plus acheter de marchandises françaises.

À la mi-janvier, après que le Président turc a affirmé qu’Emmanuel Macron avait besoin de soigner sa santé «mentale», Paris a rappelé son ambassadeur à Ankara pour consultations. Quelques jours plus tard, Emmanuel Macron a envoyé à Erdogan une lettre «affichant le désir de développer les relations» entre la France et la Turquie, selon les propos du ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu.

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Tags:
Emmanuel Macron, Turquie, France
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