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Selon la ministre de l’Enseignement supérieur, l’islamogauchisme «gangrène la société». Un terme «mal défini» pour le président de la Sorbonne qui réfute la responsabilité du mouvement de la réalité sociale et laisse entendre que la liberté universitaire risque d’être limitée par le gouvernement.

Le président de la Sorbonne, Jean Chambaz, a pointé sur Franceinfo le terme d’islamogauchisme utilisé récemment par Frédérique Vidal pour désigner ce qui «gangrène la société», un terme «pas précis», selon lui. Il estime par ailleurs que la liberté académique pourrait être menacée par le gouvernement.

Revenant sur les déclarations faites par Mme Vidal, M.Chambaz avoue avoir d’abord été pris de «stupeur».

Des ministres critiqués

Selon lui, cette annonce fait suite aux propos de Jean-Michel Blanquer qui avait accusé les mouvements universitaires de l’assassinat de Samuel Paty, une «indignité totale pour un ministre», lâche-t-il. Il cite également Gérald Darmanin pour qui «Madame Le Pen était trop molle».

«D’où vient sa conclusion sur l’existence d’une «orientation de ce gouvernement qui va draguer des secteurs de l'opinion publique dans des endroits assez nauséabonds», s’interroge le président de la Sorbonne.

«Toute cette séquence est assez préoccupante. Le gouvernement devrait se consacrer à la gestion de la crise plutôt qu'à préparer la présidentielle», poursuit-il.

Risque de contrôle des universités

De plus, le président de Sorbonne considère que ni la recherche ni la science n’ont de sujets «tabous». Les universités ont également le droit de «revisiter l’histoire de notre pays, le colonialisme, la non-intégration des enfants  d'émigrés à la 3e génération», insiste M.Chambaz.

Cependant, «avec ces interventions gouvernementales successives», le secteur de l’enseignement est «en train de se retrouver dans le camp de la Hongrie et de la Pologne en Europe», dont les gouvernements «commencent à intervenir dans les affaires internes des universités pour limiter le droit de la liberté académique». La tendance est «assez grave», insiste-t-il.

Ce qui gangrène la société

D’après Jean Chambaz, le terme l’islamogauchisme est «absolument peu précis [et] issu des milieux de la droite extrême».

«On se croirait dans l'ancienne Union soviétique. Ça me fait davantage penser aux slogans du XXe siècle dénonçant le judéo-bolchévisme. On accole deux mots qui font peur pour ne pas définir la réalité d'un processus», lance-t-il.

Enfin, il livre son interprétation de ce qui contribue à la dégradation la société:

«C’est la discrimination, c’est la ghéotisation, c’est l’inégalité sociale dans l’accès au travail, c’est le taux de chômage, l’inégalité sociale dans l’accès à l’éducation, à la culture et c’est l’échec des politiques publiques dans ce domaine depuis 50 ans. Donc c’est facile de dire qu’un mouvement idéologique mal défini serait responsable de la réalité sociale de notre pays».

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Tags:
société, université, gauchistes, islam, Sorbonne
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