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Une vingtaine de militants ont occupé la préfecture d’Ajaccio ce lundi 22 février. Si cette manifestation contre le maintien du statut particulièrement surveillé de deux membres du commando Érignac n’a duré que quelques dizaines de minutes, l’action a ravivé la question de l’incarcération des détenus corses sur le continent.

Personne ne sait ce qu’il s’est passé à l’intérieur, mais les militants ont été délogés manu militari. En Corse, l’image de ces activistes au visage ensanglanté après une brève occupation de la préfecture de la région a choqué l’opinion. Mais les appréciations sur l’action entreprise ce lundi 22 février par une vingtaine de personnes pour demander le rapprochement de deux détenus condamnés à perpétuité divergent.

​Le statut pénal d’Alain Ferrandi et de Pierre Alessandri, deux membres du commando Érignac condamnés à la perpétuité pour l’assassinat du préfet de Corse en 1998, tout comme le statut des autres prisonniers corses sur le continent, reste au centre d’une perpétuelle controverse.

Au micro du Monde, Gilles Simeoni, le président de l’exécutif corse, a déclaré que «la violence originelle, c’est celle de l’État», exhortant Paris à «changer de méthode» afin d’appliquer le droit au rapprochement. De son côté, Jean-Martin Mondoloni, président du groupe Per l’Avvene à l’Assemblée de Corse, «regrette le niveau de violence auquel on est arrivé hier».

«Des jeunes avec le visage en sang, ce n’est pas l’idée qu’on se fait d’une jeunesse corse ni de l’avenir que l’on espère pour eux», souligne-t-il au micro de Sputnik.

L’élu rappelle que, sur fond du problème des prisonniers corses, «l’Assemblée insulaire a déjà délibéré» [en mars 2015, ndlr]. Mais il soutient également l’idée de la majorité nationaliste selon laquelle «l’État doit revisiter sa position».

«Maintenir Alain Ferrandi et son compagnon de geôle dans ce statut particulièrement surveillé est une erreur», plaide l’élu.

Néanmoins, Jean-Martin Mondoloni regrette que «cet événement empêche de traiter les vrais enjeux de l’île». Pour le président du groupe politique, les leaders nationalistes portent de surcroît une responsabilité dans l’action non constitutionnelle adoptée par les jeunes Corses.

«La moindre des choses que M. Darmanin, dans son rôle de ministre de l’Intérieur, pouvait dire face à l’occupation d’une préfecture, c’est de la condamner», confirme l’élu corse,

«Mais j’estime qu’il ne faut pas rentrer dans ce cycle de condamnations. Je pense que maintenant, l’État serait bien inspiré de reprendre ce sujet à la base pour le traiter d’une façon dépassionnée, avec la volonté d’aboutir», conclut Jean-Martin Mondoloni.

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Tags:
nationalisme, Ajaccio, Corse
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