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Réclamées par des élus locaux, des mesures supplémentaires ont été imposées dans les Alpes-Maritimes, département parmi les plus touchés par l’épidémie. Mais d’autres maires dénoncent le manque d’action et l’insuffisance des mesures pour leurs régions. Des revendications locales avant un durcissement national? Tour d’horizon.

«Un confinement, a minima le week-end», réclamait le maire de Nice, Christian Estrosi, dont la ville accuse un taux d’incidence de 735 contaminations par semaine pour 100.000 habitants -le département des Alpes-Maritimes est le plus touché en France métropolitaine.

 L’édile aura finalement obtenu gain de cause. Ce lundi 22 février, le préfet Renaud Muselier a annoncé la mise en place d'un «confinement partiel». Ainsi, pour les deux prochains week-ends au moins, «l'aire urbaine littorale», soit la zone regroupant 90% de la population du département, sera soumise à un confinement strict.

Le but de l’opération est double: tenter de freiner la circulation de l’épidémie dans cette zone rouge, mais aussi décourager les éventuels touristes et éviter les flux massifs de voyageurs durant les deux dernières semaines des vacances scolaires.

Traitement particulier pour certaines villes?

Pourtant, la mesure fait jaser. Ainsi le maire de Metz, François Grosdidier, nous a-t-il confié son incompréhension face à l’action du gouvernement. Particulièrement remonté par cette requête accordée à la région niçoise, tandis que le gouvernement reste sourd aux appels de la région Grand-Est depuis plusieurs semaines, l’élu dénonce une politique contradictoire.

«Le gouvernement était d’abord parti sur une position de principe en refusant toute disposition locale. Paradoxalement, et parce qu’il a été pris par le temps, il a commencé par des actions à l’échelle nationale lors de la première vague», déplore l’élu LR.

«Ensuite, après s’être planté sur les masques et les tests, il a fait valoir pendant quelques semaines le couple préfet/maire à la satisfaction générale et, on ne sait pour quelle raison, on a finalement exclu toute mesure de territorialité», s’insurge-t-il.

Reconnaissant l’urgence de la situation niçoise qui fait donc exception aux yeux de l’exécutif, François Grosdidier y voit là l’absurdité d’une mesure uniformisée pour tout le territoire.

En revanche, un deux poids, deux mesures s’opère selon lui entre sa ville -pour laquelle un confinement a été refusé la semaine dernière- et celle de Christian Estrosi. «Je demandais pour Metz un confinement local, même si la situation est différente de Nice. Le taux d’incidence est plus faible mais nous faisons face à l’invasion des variants, notamment chez les 10-20 ans», défend le maire. 
En effet, si la métropole niçoise est davantage touchée que l’agglomération de Metz, la Moselle reste l’un des départements où le taux d’incidence est le plus élevé.

Un confinement régional pour le Grand-Est est d’ailleurs réclamé depuis décembre dernier par certains élus qui craignent un débordement des hôpitaux. D’autres zones de l’Hexagone se trouvent également dans une situation critique et le gouvernement semble n’avoir d’autre choix que de traiter les problèmes au cas par cas.

Le casse-tête des mesures adaptées

Parmi les cas particuliers se trouve Mayotte, département insulaire de loin la région la plus touchée de France. Avec 890 cas hebdomadaires pour 100.000 habitants, l’île devance de loin les Alpes-Maritimes et s’est vu imposer un nouveau confinement dès le 5 février, pour trois semaines au moins. La ville de Dunkerque détient quant à elle le record absolu du nombre de contaminations devant Nice, devenant ainsi la nouvelle préoccupation du gouvernement. Elle devance même Mayotte en taux d’incidence avec 901 contaminations par semaine pour 100.000 habitants.

Une situation très préoccupante qui était débattue ce mercredi 23 février par le Premier ministre, le ministre de la Santé et leurs collaborateurs. De son côté, le maire de la sous-préfecture du Nord, Patrice Vergriete, tente de convaincre Jean Castex d’adopter une solution alternative à un confinement de sa commune. Contrairement à ses confrères de Nice et Metz, il n’est pas favorable à ce qu’il considère comme «une privation des libertés publiques». Ainsi a-t-il présenté un plan en quatre points pour éviter une telle solution.

Cette dernière tentative, qui passerait par l’accélération de la vaccination, l’intensification des dépistages et un traitement similaire à la métropole niçoise avec une politique «zéro rassemblement, zéro regroupement», n’est toutefois pas du goût de François Grosdidier. Pour l’élu messin, seul un confinement strict, même relativement court, sera efficace. Les demi-mesures n’apporteraient, à l’en croire, aucun résultat concret: «Le dispositif de Nice est beaucoup trop léger et me paraît d’autant plus insupportable pour les citoyens qu’il est insuffisant. Même chose pour le couvre-feu à 18 heures qui crée une pression considérable.» 

«Un vrai confinement, c’est un confinement où chacun reste chez soi: les lycéens, les collégiens et les salariés dont la présence n’est pas indispensable. Frapper fort mais court (15 jours à trois semaines suffisent)», préconise François Grosdidier.

Du côté des scientifiques, certains se montrent tout aussi sceptiques vis-à-vis des mesures niçoises jugées contre-productives. «Le confinement est une mesure palliative: dès que l’on déconfine, les contaminations repartent à la hausse. On l’a bien vu lors des premier et deuxième confinements. Et confiner le week-end, c’est encore plus ridicule», juge ainsi l’épidémiologiste Catherine Hill interrogée par L’Obs, pour qui ces dispositions sont des «mesurettes».

Face à la difficulté de mettre tout le monde d’accord, le retour à un dispositif national se pose in fine. Un confinement général serait donc envisageable «à terme», conclut François Grosdidier.

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Tags:
France, Covid-19, gouvernement, confinement
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