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Le chef du service de pharmacie clinique de l'hôpital Necker à Paris, François Chast, insiste pour que la vaccination contre le Covid-19 soit obligatoire pour les personnels hospitaliers. «C'est possible, puisqu'on le fait déjà pour plusieurs vaccins», estime-t-il dans un entretien à France Inter.

«À l’heure du vaccin (enfin) accessible à tous les hospitaliers, la COVID nosocomiale est un VRAI SCANDALE». Auteur d’une lettre adressée à une centaine de collègues, le professeur François Chast, chef du service de pharmacie clinique de l'hôpital Necker à Paris, exhorte les soignants à se faire vacciner. Dans une interview accordée à France Inter, il explique sa position.

«Ils ont du mal à gérer la crise»

«Ce qui me frappe, c'est que les médecins sont assez volontiers enclins à critiquer les pouvoirs publics sur l’organisation, les décisions ministérielles, la gestion de la crise sanitaire et quand il s'agit d'eux-mêmes, ils ont du mal à gérer la crise dans leurs propres services hospitaliers ou en Ehpad», commence-t-il.

Le professeur trouve que «nous ferions bien, de temps en temps, de nous regarder dans le miroir et de tenter de trouver ce que nous pouvons améliorer dans nos pratiques». Il rappelle que depuis maintenant quelques semaines, il y a trois vaccins disponibles en France qui sont tous «de bonne qualité», «très efficaces» et qui «présentent très peu d'effets indésirables».

«On observe que, qu'il s'agisse de l'hôpital ou des Ehpad, les personnels sont peu enclins à l’utiliser pour eux-mêmes. C’est tout à fait paradoxal dans des professions qui devraient plutôt être exemplaires du point de vue de la vaccination. Je suis de ce fait un peu désolé d'observer que les soignants rechignent à se faire vacciner.»

«Bien connue» des soignants

M.Chast poursuit en rappelant que l'obligation vaccinale est «quelque chose qui est bien connue des soignants», parce qu’avant de commencer ses études de médecine, avant de s'inscrire dans une école de formation d'infirmières, «on a des vaccinations obligatoires: diphtérie, tétanos, poliomyélite, hépatite B. «Or, pour la diphtérie, le tétanos et la polio, ce sont des maladies qui ne représentent pas un fléau actuellement en France», indique-t-il

Le professeur souligne que la vaccination contre le coronavirus devra être une «obligation pour les personnels médicaux et non médicaux, y compris les personnels administratifs, parce que les personnels administratifs, au fond, fréquentent aussi les personnels soignants. Et l'hôpital doit sanctuariser en quelque sorte la sécurité des soins avec cette obligation vaccinale».

«Bonnes pratiques»

En Île-de-France, par exemple, 34 % du personnel médical de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) ont reçu une première injection et entre 16 et 17% chez les autres personnels (paramédicaux, techniques, administratifs), d’après les derniers chiffres communiqués par l’AP-HP le 26 février dernier. Le professeur a été invité à expliquer pourquoi le nombre de soignants vaccinés était si bas.

«Il faut dire que, jusqu'à présent, les soignants avaient l'excuse que la vaccination était réservée aux plus de 50 ans. Donc, il faut pondérer ces chiffres du fait que tout le monde n'avait pas encore officiellement accès à ces vaccins. Maintenant, c'est possible et donc on ne peut plus accepter que des personnels refusent la vaccination. On ne refuse pas le port de la charlotte, du masque, ou de la blouse lorsqu'on pratique des soins parce que cela fait partie des bonnes pratiques des soignants. Cela doit être la même chose pour les vaccins contre la Covid

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