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Les Européens, et donc les Français, vont-ils être obligés de se faire vacciner contre le Covid-19 pour mener une vie normale? Anne Sénéquier, médecin et chercheuse, revient sur les projets de passeports vaccinaux de l’UE et sur la campagne de vaccination pour le Désordre mondial.

Bien que les vaccins contre le Covid soient censés être entièrement facultatifs –comme l’a affirmé Emmanuel Macron lors de son allocution du 24 novembre dernier–, sera-t-il possible pour les personnes non vaccinées de vivre normalement dans un monde qui mettrait en place le passeport vaccinal?

Dans quelles circonstances un tel document pourrait-il être requis? Uniquement pour voyager ou également pour toutes les activités de la vie quotidienne? En Israël, par exemple, un certificat de vaccination –le «laissez-passer vert»– est désormais obligatoire pour accéder à des endroits comme les hôtels, les théâtres, les gymnases et les salles de concert. Et maintenant, c’est la Commission européenne qui étudie l’idée d’un laissez-passer sanitaire numérique pour les pays de l’Union européenne.

Sera-t-il vraiment possible de ne pas se faire vacciner pour quiconque souhaitant mener une vie normale dans un État de l’UE? Anne Sénéquier, médecin et chercheuse, codirectrice de l’Observatoire de la santé mondiale à l’Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS), détaille l’avancement des projets de passeport sanitaire de l’UE:

«Rien n’est acté, mais il était question d’établir soit un certificat de vaccination, soit un certificat de PCR négatif ou de sérologie indiquant qu’un individu a été contaminé et qu’il y a un moindre risque qu’il puisse l’être à nouveau. On ne sait pas comment cela pourrait fonctionner et je pense que rien n’a encore été tranché à ce sujet.»

Quels sont les angles morts d’un éventuel passeport vaccinal? la codirectrice de l’Observatoire de la santé mondiale appelle à une position claire et pérenne du gouvernement:

«Le passeport vaccinal soulève beaucoup de questions éthiques, puisque l’on a dit que cette vaccination ne serait pas obligatoire. C’est un choix personnel qui engendre des conséquences, comme tous les choix. Cela dit, le gouvernement doit tenir une ligne claire. Au niveau européen également, il faudrait établir un protocole qui ne change pas toutes les semaines, ne serait-ce que pour les transfrontaliers, les binationaux […] tous ceux qui sont en mobilité permanente en Europe et qui sont censés bénéficier de la liberté de circuler propre à l’espace Schengen.»

Tandis que l’État continue de serrer la vis aux libertés fondamentales en instituant des restrictions sous des prétextes sanitaires, quel est le bilan des mesures déjà instaurées comme les confinements ou les couvre-feux? Pour la chercheuse, on ne peut pas appliquer les mêmes mesures à toutes les villes:

«Lorsque l’on analyse les courbes de ce qui s’est passé à l’automne, quand on a mis sous couvre-feu plusieurs grandes villes à la fin du deuxième confinement, on a constaté que ces villes ne réagissaient de la même manière. Plusieurs facteurs doivent être pris en compte: la population, la démographie, la communication, comment est présenté le couvre-feu et aussi les chiffres de départ. On ne peut pas comparer et dire que ce qui fonctionne dans une ville marchera dans une autre.»

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Tags:
bilan, couvre-feu, confinement, vaccin, Covid-19, France
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