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Des intermittents du spectacle occupent le Théâtre de l’Odéon depuis le 4 mars. Réunis en assemblée générale, ils ont voté la poursuite de l’occupation. D’autres professionnels de la culture, mais aussi des extra de cuisine et des guides-conférenciers ont rallié le mouvement. Reportage dans le haut lieu de la vie culturelle parisienne.

Les occupants du Théâtre de l’Odéon-Théâtre de l’Europe sont sur place depuis cinq jours. Et la prolongation de l’occupation a été votée. Les intermittents du spectacle retranchés à l’intérieur se positionnent comme les «héritiers des occupants des ronds-points» et présentent au gouvernement une liste d’exigences.

Une des revendications phares reste la prorogation de «l'année blanche» pour les intermittents du spectacle jusqu'en août 2022. Instaurée en mai 2020, elle étirait la durée d'indemnisation de l'ensemble des intermittents jusqu'au 31 août 2021. 

«On lèvera l’occupation quand on aura toutes les garanties que le gouvernement a accédé à nos revendications. On ne sort pas d’ici tant qu’on n’a pas sur la table un plan précis de mise en place de ces mesures», assure au micro de Sputnik Thomas, harmoniciste.

Le ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, s’est fendue d’une visite-surprise le soir du 7 mars. Pour «dire qu’elle adorait les artistes et la culture», résume le musicien. Thomas a hâte qu’on arrête «les politesses ministérielles». Il souhaite que cessent «les flagorneries» face aux précarités «énormes» subies par les familles et les intermittents qui risquent de se retrouver «avec des fonds d’aide» parce qu’ils n’ont pas pu accumuler jusqu’en mars 2021 les heures ouvrant droit au chômage.

Chaque jour, un collectif «ami», venant des secteurs proches du monde de la culture (événementiel, restauration …), est mis en avant lors d’une agora sur la place de l’Odéon.

«Il y a convergence des luttes, parce qu’on demande l’abrogation de la réforme chômage qui va entrer en vigueur le 1er juillet», rappelle Thomas.

​La fermeture des lieux de culture depuis cent trente jours est éprouvante pour les artistes. Elle a poussé également à l’occupation du théâtre de Saragosse à Pau depuis le lundi 8 mars. Les témoignages de soutien aux occupants de l’Odéon affluent de toute part. Y compris du monde politique.

Au micro de Sputnik, le député insoumis François Ruffin, venu soutenir les manifestants, «espère que ça ne va pas se cantonner à l’Odéon, que ça va se transmettre comme une énergie positive qui peut gagner le reste du pays». Il ne ménage pas ses critiques à l’encontre des décisions gouvernementales.

«Le tri a été fait entre essentiel et non essentiel. La vie de l’esprit, la vie sociale et même la vie familiale ne sont plus essentielles. Il y a un côté fonctionnaliste chez Emmanuel Macron, qui veut réduire l’homme à une machine, bon à produire, bon à consommer», vitupère François Ruffin.

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Tags:
France, Paris, intermittent du spectacle (IDS), Théâtre national de l'Odéon
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