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La Mairie de Paris annonce régulièrement l’ouverture de nouveaux espaces verts. Pourtant, dans le 12e arrondissement, les riverains se battent pour leurs jardins, qui se voient réduire comme peau de chagrin. À l’occasion du Conseil de Paris, quelques activistes déterminés ont organisé une action devant l’Hôtel de Ville. Reportage.

«Non au béton! Oui à un jardin!» Devant la mairie de Paris, une pancarte avec ce slogan contestataire manque de s’envoler des mains frêles d’une octogénaire. Malgré des bourrasques glacées, un petit groupe d’activistes veut faire entendre sa voix lors du Conseil de Paris.

​L’association Netter-Debergue se bat depuis 2016 contre les plans de bétonnisation de son quartier, le 12e arrondissement. Martine Das, sa nouvelle présidente, a fait venir ses membres sous les fenêtres de l’Hôtel de Ville «pour que l’îlot de Netter-Debergue ne soit pas investi par des bâtiments démesurés».

«La bétonnisation! Cet îlot devait être un îlot d’espaces verts, mais à la place, il va y avoir cinq bâtiments de six à huit étages», s’insurge Martine Das au micro de Sputnik.

​Au 77 de l’avenue du Docteur-Arnold-Netter, les travaux sont imminents. Ce n’est pas l’actuelle maire qui est à l’origine du projet. Tout a commencé en 2009, «sous Bernard Delanoë», quand le terrain destiné à l’agrandissement du jardin public limitrophe a été reclassé en «espace pour usages divers». Le programme vert a fini par être oublié le 4 juillet 2016, lorsque le jardin a été reconverti en espace constructible pour logements sociaux. Le plan local d’urbanisme a été modifié sans que les riverains en aient été avertis.

«En tout, une soixantaine d’arbres ont été coupés, dont des cèdres de l’Himalaya. En plus, hier, à l’occasion d’un sondage des sols par l’entreprise de construction, on a eu des dégâts: un mur s’est écroulé dans la cuisine de notre voisine de copropriété», déplore la présidente de l’association Netter-Debergue.

Venue prêter main-forte aux associations manifestantes, l’élue insoumise Danielle Simonnet dénonce «un grand écart entre la com’ d’Anne Hidalgo et la pratique sur le terrain».

«Madame Hidalgo et la majorité municipale se vantent d’augmenter les espaces verts. On y adhère. Mais on se rend compte que sur le terrain, c’est l’inverse qui est fait. Vous avez là des riverains impliqués et ils ne sont pas entendus», plaide Danielle Simonnet.

La seule conseillère municipale issue de La France insoumise a peiné à présenter le sujet à l’ordre du jour du Conseil municipal. Elle n’a pu qu’utiliser la méthode des «vœux», des textes soumis au vote. Et malgré le combat des riverains et le soutien politique, le vœu concernant le terrain de l’avenue du Docteur-Arnold-Netter a été rejeté au Conseil de Paris. La modification du règlement intérieur «par Madame Hidalgo à partir du mois de décembre» dernier limitait les interventions à «un vœu par élu».

«Une autre pratique s’institue: pour faire un simulacre de démocratie, on tire au hasard des citoyens pour une concertation. C’est un moyen pour contourner les associations qui ont acquis une expertise», dénonce l’élue insoumise.

Alors que la Mairie de Paris continue ses grands projets d’aménagements verts autour de lieux symboliques comme la tour Eiffel, le destin des petits jardins de proximité reste entre les mains frêles des riverains. Mais les associations Netter-Debergue et Les Amis de Bercy-Charenton ne comptent pas lâcher les leurs.

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Tags:
Mairie de Paris, Europe Ecologie les Verts (EELV), urbanisme, Anne Hidalgo, Paris
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