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Le ministre de l’Intérieur et le préfet de Seine-Saint-Denis ont conditionné la réouverture anticipée du lieu de culte avant le début du ramadan si M’hammed Henniche part.

Le recteur de la grande mosquée de Pantin, en Seine-Saint-Denis, M'hammed Henniche, a annoncé le 14 mars avoir démissionné afin de permettre une réouverture anticipée près de cinq mois après sa fermeture dans le sillage de l'assassinat du professeur Samuel Paty.

Samedi, «j'ai présenté ma démission au conseil d'administration de la mosquée qui a choisi un nouveau président M. Dramé Abderrahman», a déclaré à l'AFP M. Henniche, à la tête de la Fédération musulmane de Pantin depuis 2013 et récemment réélu.

Cette mosquée d'environ 1.300 fidèles avait été fermée pour six mois le 21 octobre par le préfet, sur instruction du ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin.

En cause, le relais sur la page Facebook du lieu de culte de la vidéo d'un père d'élève, qui avait été à l'origine de l'engrenage ayant conduit à l'assassinat de Samuel Paty, et la présence d'un imam formé au Yémen et accusé par les autorités d'être «impliqué dans la mouvance islamiste».

Depuis cette sanction et l'échec de deux recours en justice, le ministre de l'Intérieur et le préfet de Seine-Saint-Denis, Georges-François Leclerc, avaient conditionné toute réouverture anticipée de la mosquée, avant le début du ramadan (mi-avril), aux départs de M'hammed Henniche et de l'imam Ibrahim Doucouré pourtant déjà écarté.

Le préfet avait également retiré en novembre à l'association qui gère la mosquée son caractère culturel, au motif que ses activités avaient «porté atteinte à l'ordre public», selon un courrier consulté par l'AFP.

Cette mesure a rendu caduque l'attribution par la ville de Pantin d'un bail emphytéotique pour la construction de la future grande mosquée, financée à hauteur de près d’un million d'euros par les dons des fidèles.

M. Henniche, qui a toujours nié les penchants islamistes que lui prêtent le gouvernement, s'est résolu à démissionner pour «sauver le bail emphytéotique de la nouvelle mosquée» et afin «que les fidèles puissent retrouver leur mosquée» dont la réouverture est programmée au 15 avril.

Musulman conservateur de 50 ans, M. Henniche, entrepreneur de profession, fut pendant une vingtaine d'années un interlocuteur privilégié des pouvoirs publics, y compris de Nicolas Sarkozy quand il était Président.

Il garde ses fonctions de secrétaire général de l'Union des associations musulmanes de Seine-Saint-Denis (UAM 93).

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Seine-Saint-Denis, mosquée, France
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