France
URL courte
Par
10526
S'abonner

La France et particulièrement l’Île-de-France font face à une recrudescence des infestations aux punaises de lits. Le retour de ces parasites, que l’on croyait disparus, inquiète les professionnels. Certains d’entre eux redoutent une aggravation de la situation avec la fin de la crise sanitaire.

Près de 7% de la population française a déjà été infestée par des punaises de lits ces cinq dernières années, rapporte une étude Ipsos pour le site Badbugs. La situation est particulièrement préoccupante en Île-de-France, où plus de 1,3 million de personnes déclarent avoir été confrontées à ce fléau depuis 2016.

Un phénomène qui inquiète les professionnels de la désinsectisation, alors que ce nuisible avait presque été éradiqué dans les années 1950. Connues pour infester les lieux de passage, comme les hôtels, les punaises de lits se retrouvent désormais dans les appartements, et il n’est pas rare que les spécialistes aient à «désinfecter des immeubles entiers», comme le précise au Parisien Stéphane Bras, porte-parole de la Chambre syndicale des métiers de la dératisation, désinsectisation et désinfection (CS3D).

«La punaise de lit, qui avait quasiment disparu dans les années 1950 avec l'usage massif du DDT, un insecticide aujourd'hui interdit, fait son grand retour. Leur propagation est exponentielle depuis quatre ans, et si on enregistre moins de demandes de la part des hôtels et restaurants, on assiste à un report des infestations sur l'habitat résidentiel», explique-t-il au quotidien.

Une explosion après la crise sanitaire?

Si la seule année 2020 a vu près de 345.000 Franciliens se plaindre des punaises de lits, les experts craignent que la situation ne s’aggrave encore avec la fin de la crise sanitaire et la reprise de l’activité économique.

«Les punaises étant capables de survivre jusqu'à 18 mois sans manger, les infestations vont reprendre de plus belle dès qu'on va de nouveau pouvoir se déplacer, prendre l'avion, retourner à l'hôtel, au bureau, faire les brocantes…», déclare ainsi au Parisien Nicolas Roux de Bézieux, cofondateur du site Badbugs.

Le spécialiste précise que les voyages (44%) et les interactions sociales (30%) sont les «principales causes de la propagation» de ces insectes.

Interpellé par un collectif de 25 élus de gauche d’Île-de-France, le gouvernement s’est d’ailleurs saisi du problème. Un plan d’action interministériel doit être présenté d’ici l’été, proposant notamment des aides aux ménages les plus modestes, ou la labellisation de la formation et du respect des bonnes pratiques du secteur.

Insalubrité parisienne

Le fléau des punaises de lits sévit particulièrement dans les secteurs insalubres de la région parisienne. Les habitants de la cité Python, dans le XXe arrondissement, ont notamment pointé à plusieurs reprises la propagation de ce fléau dans leurs immeubles, au même titre que la présence de rats et de cafards.

Si les plans de rénovation se multiplient, à la cité des Pythons comme pour les 200 immeubles parisiens jugés en état d’insalubrité, les questions d’hygiène dans la capitale continuent de cristalliser les débats.

Lire aussi:

La ville de Caudry pourra désormais priver des familles de «délinquants» d'aides sociales municipales
Tous vaccinés contre tous confinés: «il existe une troisième alternative»
La Russie annonce répondre à un déploiement massif de troupes de l'Otan à sa frontière
Tags:
hygiène, Ile-de-France, insectes, punaises
Règles de conduiteDiscussion
Commenter via SputnikCommenter via Facebook