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Une dizaine de députés, sénateurs et maires, membres des Républicains, condamnent l’action coup de poing de l'actrice Corinne Masiero qui s'est dénudée lors de la cérémonie des César, et interpellent le parquet de Paris.

Le choix de la comédienne Corinne Masiero de se dénuder lors de la 46e cérémonie des César, le 12 mars, a indigné le député du Vaucluse Julien Aubert qui, avec neuf autres membres du mouvement Oser la France, un mouvement au sein des LR, a signé une lettre de signalement adressée au procureur de la République de Paris. Il l’a présentée dans un tweet datant de mardi, l’accompagnant d’un communiqué de presse.

​L’actrice a réalisé cette action afin de dénoncer la situation du secteur culturel en pleine pandémie. Elle a écrit «No culture, no future» sur son ventre et «Rends-nous l’art, Jean» sur son dos. Recouverte de faux sang, elle voulait interpeller Roselyne Bachelot qui a pour sa part jugé que la cérémonie des César «n'a pas été utile au cinéma français».

Dans son communiqué intitulé «Cérémonie des César: du journal de l'Art au journal du Hard?», Julien Aubert «interpelle le procureur de la République de Paris sur la scène d'exhibition de Mme Corinne Masiero». Les élus signalent ainsi «une exhibition sexuelle imposée à la vue d’autrui dans un lieu accessible aux regards du public», un délit passible «d’un an d’emprisonnement et de 15.000 euros d’amende».

Selon eux, la «liberté d’expression […] ne saurait tout justifier».

Une salve de critiques

Une position des membres des LR partagée par Brigitte Bardot sur Twitter: «Choquants, honteux, écœurants ces sordides "Césars". Requiem pour des cons qui massacrent le cinéma».

​D’autres acteurs ont émis des commentaires critiques à l’égard de cette cérémonie.

Invité sur France 5, le comédien Thierry Lhermitte n’a également pas apprécié le tournant politique qu’a pris la cérémonie des César. Ironiquement, il a énuméré les sujets qui y ont été omis.

«On n’est pas les seuls. Il ne faut pas faire croire aux gens qu’il y a que les artistes qui souffrent dans cette période», estime pour sa part sur le plateau de RTL Gérard Jugnot, et «c’est dommage parce que c’est pas ça qui va donner aux gens l’envie de retourner au cinéma». Selon lui, la soirée «manquait sévèrement de légèreté».

​Lui faisant écho, Michèle Bernier, a déclaré, toujours sur RTL: «On avait envie de rêver, d’être dans quelque chose d’un peu plus léger. Ça manquait d’humour».

L’ancien directeur du Centre national de la cinématographie (aujourd’hui Centre national du cinéma et de l’image animée) et fondateur de la chaîne Arte, Jérôme Clément, dénonce quant à lui «la vulgarité et le manque de tenue […] confondantes», puis s’interroge: «Comment être aussi médiocre quand il faut s’élever vers ce qui devrait faire la grandeur du 7e art?»

«En fait, ils ont décidé de se saborder définitivement?», lâche de son côté le journaliste Olivier Truchot, qui a également critiqué la cérémonie sur le plateau des Grandes gueules de RMC-BFM TV.

​Un propriétaire de trois cinémas à Paris a même tenu à remercier l'État en contestant le message de l’actrice: «J'avais honte. Corinne Masiero dit: "Rends-nous l'art Jean!" Mais moi, sans les aides de l'État, de la région ou de la ville qui nous aide pour les loyers, mes cinémas, ce serait plié et fini depuis plusieurs mois».

​L'animateur star de TF1 Denis Brogniart a été parmi les rares représentants de la sphère de la culture à saluer le courage de Corinne Masiero. «Je soutiens à 2000% tous les gens du monde du spectacle. Maintenant, cette cérémonie sur ce que j'en ai vu, j'aurais eu tellement envie qu'on partage cette envie commune de se dire: "Allons au spectacle, donnons-nous les moyens d'être un peu optimistes". Les revendications, c'est bien. Il en fallait, il y en a eu, mais à un moment, j'aurais aimé qu'on sourie un peu plus, qu'on rit un peu plus», tranche-t-il sur le plateau des Grandes gueules.

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Tags:
Julien Aubert, justice, culture, France, cinéma
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