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Dans une tribune publiée dans L’Obs mercredi 17 mars, près de 200 intellectuels du monde entier sont montés au créneau pour défendre leurs collègues visés par les déclarations de Frédérique Vidal sur l’islamogauchisme qui «gangrène» la France. Selon eux, le terme reflète une convergence d’idéologies de droite, coloniales et racistes.

L’Obs a publié en exclusivité mercredi 17 mars une tribune de 187 intellectuels de divers horizons souhaitant exprimer leur solidarité avec «les universitaires, activistes et d’autres producteurs de savoir» visés par les propos de Frédérique Vidal sur l’islamogauchisme.

Les auteurs de la tribune estiment que la ministre cible les personnes dont les travaux «analysent et critiquent le colonialisme et le racisme, et soutiennent des projets décoloniaux, antiracistes et anti-islamophobes».

Selon eux, le terme d’islamogauchisme «reflète une convergence beaucoup plus ancienne d’idéologies de droite, coloniales et racistes opposées aux luttes anticoloniales, anti-islamophobes et antiracistes».

Le colonialisme français dans le collimateur

Pour ces 187 intellectuels, cette attaque contre «les universitaires et activistes progressistes et radicaux» vise à préserver «l’exceptionnalisme français» et «une image blanchie de la République», notamment du fait que la France reste une puissance coloniale et néocoloniale en termes de relations économiques, politiques et militaires avec ses anciennes colonies.

«Cette mentalité coloniale se manifeste dans les structures de gouvernance de la France, en particulier vis-à-vis des citoyens et des immigrés racisés.»

Les auteurs avancent qu’en témoignent des mesures «qui visent à "intégrer" de force les populations suspectes dans des rôles de subordonnés au sein de la société française».

«C’est précisément la critique de cette histoire coloniale, de ce qui s’en perpétue, avec le racisme, et l’islamophobie, que l’État souhaite censurer et rendre invisible.»

Des «complices»

En conclusion, la tribune dénonce les «complices» de l’État français qui sont «une partie de la gauche blanche, ainsi que des féministes qui ne font aucune analyse anticoloniale, anti-islamophobe et antiraciste» et qui fournissent «des rationalisations idéologiques au racisme structurel porté également par l’État».

Réactions en France

La ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation a déclenché une tempête en intervenant le 14 février sur CNews. Mme Vidal a annoncé son intention de demander au CNRS une enquête sur l’islamogauchisme à l’université qui «gangrène», à son avis, la société dans son ensemble.

Une semaine plus tard, plus de 600 universitaires ont publié une tribune dans Le Monde réclamant sa démission.

Un sondage Odoxa-Backbone consulting pour Franceinfo et Le Figaro publié le 24 février a cependant indiqué que près de sept Français sur dix (69%) estimaient que le problème de l’«islamogauchisme» existait en France.

Le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer a répondu aux critiques de sa collègue sur BFM TV disant que «l’islamogauchisme» était un «fait social indubitable» qu’il fallait «regarder en face» et qu’il «serait absurde de ne pas vouloir étudier un fait social».

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France, intellectuels, tribune
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