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Ce jeudi 25 mars, à l’occasion de la nuit de la solidarité, plusieurs associations ont installé des centaines de tentes place de la République à Paris pour réclamer la mise à l’abri de migrants. Un rassemblement jugé «totalement irresponsable» par la préfecture de police de Paris. Sputnik était sur place.

«Rendre visible les invisibles.»

Pour Reza Jafari, président de l'association Enfants d’Afghanistan, l’heure est grave: «Cela fait des décennies que les gens dorment, se cachent sous les ponts, ce qui arrange malheureusement le gouvernement», affirme-t-il au micro de Sputnik. Selon lui, l’exécutif s’accommoderait de cette situation afin de «faire partir les réfugiés» de France.

​Pour tenter de les mettre à l’abri, plusieurs associations de défense des droits des migrants, regroupées sous l’entité Collectif réquisition, ont décidé d’installer à nouveau des centaines de tentes sur la place de la République à Paris, ce jeudi 25 mars, à l’occasion de la nuit de la solidarité. L’objectif? Obtenir l’application de la loi réquisition. Une procédure qui permet notamment de mettre à disposition des locaux vacants à destination de sans-abri.

«À force de persister, je pense que l’on pourra gagner des hébergements mais aussi faire pression sur le gouvernement pour qu’enfin il prenne ses responsabilités», espère Reza Jafari.

Interrogé par Sputnik, Philippe Caro, membre du collectif Solidarité migrants Wilson, estime que depuis l’«évacuation violente» de la place de la République le 23 novembre dernier «rien n’a bougé»: «On a des centaines de personnes dans la rue».

​Une réfugiée confie d’ailleurs à Sputnik qu’avec son mari et son enfant, lorsqu’ils ne dorment pas dans la rue ou dans une paroisse, ce sont des particuliers qui les accueillent. «Ce n’est pas une vie», soupire-t-elle.

Une histoire à laquelle sont confrontées «des milliers de personnes» qui «sollicitent le 115 en vain», rappellent les associations. Ainsi, «beaucoup s’adressent aux associations en quête d’une tente ou d’un hébergement, tandis que de nombreux citoyens leur ouvrent chaque soir leur porte», souligne les associations.

«Les logements existent, l’arsenal législatif pour loger les gens existe, et en plus, on est en pleine pandémie. On a un Président de la République qui dit que l’on est en guerre, les victimes sont là», tonne Philippe Caro.

En effet, selon les calculs de la Fondation Abbé-Pierre, l’hexagone compterait près de 300.000 sans-abri, dont 16.000 personnes vivant dans des bidonvilles. Or, l’Insee a recensé trois millions de logements vacants en France, dont 400.000 en Île-de-France et 117.000 à Paris.

Un état de fait que dénoncent les associations, sans compter les effets de la crise sanitaire et sociale qui «aggrave la situation d’un très grand nombre de personnes et familles aux profils très divers», détaillent-elles dans un communiqué.

Les occupants de la place de la République ont donc prévenu: ils resteront «pacifiquement sur place jusqu'à la mise à l'abri de toutes les personnes sans-abri présentes».

Une action loin d’être au goût de la préfecture de police de Paris, qui a fait valoir qu’«un tel rassemblement, en pleine crise sanitaire, est totalement irresponsable et fait courir des risques évidents aussi bien à la population qu’aux organisateurs et aux migrants présents».

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Tags:
Place de la République à Paris, sans-abri, réfugiés, camp de migrants
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