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Alors que la France voit la situation sanitaire s’aggraver, certains médecins tirent la sonnette d’alarme à cause des services de réanimation mis sous tension. Mais d’autres estiment que ce «ton alarmiste» ne correspond pas à ce qu’ils vivent.

La situation sanitaire reste très tendue dans l’Hexagone, notamment en Île-de-France, poussant même Emmanuel Macron à réunir le Conseil de défense sanitaire ce 31 mars. Tandis que certains médecins craignent de devoir trier les patients faute de lits en nombre suffisant, d’autres rompent avec le ton alarmiste de leurs collègues.

Invité de l’Heure des pros sur CNews ce 31 mars, Jean-Louis Teboul, chef du service de réanimation à l'hôpital du Kremlin-Bicêtre, dans le Val-de-Marne, a déclaré qu’il «ne partageait pas cet alarmisme»:

«Je ne partage pas cet alarmisme. En tout cas, je suis réanimateur, je suis dans mon hôpital, j’y étais hier aussi… Je ne partage pas l’alarmisme au vu des chiffres actuels».

«C’est vrai que les chiffres d’hier par rapport à avant-hier sont un peu plus élevés en terme d’admission en réanimation. Il faut les juger sur une fourchette de quelques jours», a-t-il ajouté.

Il a souligné que dans son hôpital il n’y avait «absolument pas de patients sur les brancards». 

«Je ne peux pas prévoir l’avenir, mais je ne suis pas sûr qu’on en arrive là», a-t-il espéré.

En outre, Jean-Louis Teboul a noté la préparation de son établissement à l’aggravation de la situation:

«Il faut dire aussi que je suis membre de l'AP-HP et je suis les directives en termes d'augmentation des capacités. Nous sommes en état de marche. On peut reprocher ce qu'on veut à la direction de l'AP-HP, mais nous prévoyons aussi beaucoup et peut-être qu’il y a des anticipations un peu pessimistes, mais nous sommes prêts à une vague supplémentaire».

Cependant, il a dit qu’il y avait des indicateurs «qui ne sont pas si pessimistes»:

«Par exemple, les hospitalisations conventionnelles en Covid ont certes augmenté, mais l’augmentation a un peu fléchi depuis quelques jours, et on sait que ces hospitalisations conventionnelles sont peut-être des patients potentiels en réanimation dans quatre-cinq jours».

«On ne fait pas face à un tsunami»

Olfa Hamzaoui, réanimatrice à l'hôpital Antoine-Béclère de Clamart, dans les Hauts-de-Seine, a elle aussi rassuré auprès de BFM TV quant à la situation.

Elle a expliqué qu'il y avait des patients rentrant quotidiennement, mais également des sortants, ce qui équilibrait le bilan.

«Pour le moment, on est en saturation, mais on n’est pas hors de contrôle, on n’est pas en train de perdre la bataille, en tout cas actuellement», a-t-elle précisé.

Selon elle, il y a un léger ralentissement de cette accélération.

«On a quand même un petit ralentissement de cette accélération, puisqu’on a moins de passages aux urgences, moins d’hospitalisations conventionnelles (…) ce qui nous laisse probablement espérer, au moins dans les trois-quatre jours qui vont venir, qu’on ne va pas avoir un flux très important pour le moment en réanimation», a-t-elle souligné. «On n’est pas en train actuellement d’avoir un tsunami».

Neuf lits de réanimation sur 10 occupés

Selon les chiffres quotidiens publiés lundi par l'agence sanitaire Santé publique France, le nombre de patients en réanimation dépasse le pic de la deuxième vague de Covid-19.

Au total, d’après les données de l’agence du 30 mars, 5.072 personnes étaient en soins intensifs.

En comptant les malades du Covid et les autres, près de neuf lits de réanimation sur 10 (6.833 sur 7.665 à la date du 26 mars) sont actuellement occupés, selon le ministère de la Santé qui précise que «la montée en charge des capacités se poursuit dans toutes les régions».

Le Président de la République intervient

Pour évaluer l'efficacité des «mesures de freinage renforcées», un Conseil de défense se réunit ce mercredi 31 mars. Emmanuel Macron, quant à lui, s'adressera aux Français dans une allocution télévisée à 20 heures, a annoncé à l’AFP l'Élysée en début de matinée.

Le chef de l'État devrait sans doute annoncer un durcissement des mesures pour lutter contre la propagation du virus et envisagerait notamment de fermer les écoles à l'échelle nationale, indique BFM TV.

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hôpital, Covid-19, France
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