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Jugeant la polémique des dîners clandestins «abracadabrantesque», Pierre-Jean Chalençon a dénoncé un «coup monté», s’estimant victime dans cette affaire. En dépit des images tournées sur les lieux où plusieurs reconnaissent les intérieurs du Palais Vivienne, dont il est propriétaire, le collectionneur se plaint d’être «le bouc émissaire».

Après avoir assuré auprès de M6, en voix off déguisée, qu’il avait dîné avec «certains ministres lors [des] rassemblements clandestins» faisant l’objet du reportage de cette chaîne privée, Pierre-Jean Chalençon a nié en bloc sur C8 toute implication dans ce type d’événements en pleine pandémie.

«Je n’ai jamais organisé aucune soirée clandestine, surtout pas avec des ministres» ni «avec quelque politiques qu’ils soient. J’ai l'impression qu'on essaye de me faire porter le bouc émissaire [sic] ou qu'on essaie d’utiliser mon nom et mon image pour faire tomber le gouvernement», a-t-il insisté le 5 avril dans l’émission de Cyril Hanouna.

Après la sortie du fameux reportage de M6, le collectionneur avait déjà rétropédalé via son avocat, Me Jean-Luc Chetboun, qui, dans un communiqué pour l’AFP le 4 avril, avait pointé «l’humour» de son client qui «manie avec brio le sens de l’absurde».

Alors qu’une enquête pénale a été ouverte le 4 avril par le procureur de Paris Rémy Heitz, Pierre-Jean Chalençon a affirmé vouloir déposer «des plaintes» contre la chaîne M6:

«J’avoue que je suis très triste de la façon dont on m’a traité. C’est une sorte de guet-apens, de coup monté», a-t-il déploré.

«Je n’ai pas de cuisine»

Une caméra cachée de M6 a montré un dîner privé clandestin organisé le 1er avril regroupant «une quarantaine de convives» dans un lieu identifié comme étant le Palais Vivienne, appartenant à Pierre-Jean Chalençon. Sur les images diffusées par la chaîne privée, il est possible de voir de nombreuses personnes ne portant pas de masques et ne respectant pas les gestes barrières.

«Quant à cette soirée de jeudi, nous étions quelques personnes, il y avait neuf personnes qui se sont battues en duel […]. Quand j’invite des gens à dîner chez moi je ne leur demande pas de payer!», s’est défendu, toujours sur C8, le collectionneur d’objets napoléoniens.

Or, sur une image publiée sur Instagram par le chef Christophe Leroy, épinglé lui aussi pour l’organisation de ces soirées au «Leroy’s Business Club au Palais Vivienne» selon ce qu’indique son compte, il était possible d’apprendre qu’un repas était prévu pour Pâques ou le 1er avril. Le post a été supprimé, selon Libération qui a cité le contenu de cette publication du 14 mars: «un moment d’exception au Palais Vivienne le 1er avril pour un dîner soirée, à partir de 17h45 autour d’un menu caviar et champagne».

«Je n’ai pas de cuisine depuis quatre mois, je ne vois pas comment j'aurais pu faire des soirées», a affirmé pourtant Pierre-Jean Chalençon auprès de Cyril Hanouna tout en qualifiant la situation d’«abracadabrantesque».

M.Leroy, chef proche des stars qui avait par exemple travaillé avec Johnny Hallyday, a pour sa part de nombreuses fois dévoilé sur sa page Instagram des images prises depuis le «Leroy’s Business Club au Palais Vivienne», où figurent les célèbres invités de Pierre-Jean Chalençon ou encore des détails de l’intérieur de ce club, dont des portraits de la légende française du rock.

Le site Internet de ce club, qui contient des clichés pris à des dates différentes dans ce même endroit, a par ailleurs restreint son accès. Les archives sont cependant toujours consultables (lien).

Implication de ministres?

Alors que la participation «de ministres» avait été évoquée par M.Chalençon, les réactions du milieu gouvernemental n’ont pas tardé à venir.

Gabriel Attal, évoqué en février par Chalençon comme un «ami» qui devait «venir manger prochainement», a nié connaître le collectionneur. Marlène Schiappa a affirmé le 6 avril sur Franceinfo «de source sûre qu'il y a[vait] effectivement eu une invitation et que Gabriel Attal l'a[vait] fermement refusée en disant qu'il y avait des mesures sanitaires».

Bruno Le Maire s’est dit certain qu’aucun ministre n’était présent à un quelconque dîner clandestin et Marlène Schiappa a souhaité «des amendes» pour «des ministres ou des députés» s’ils avaient enfreint les restrictions sanitaires.

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Covid-19, pandémie, Paris, soirée, dîner, Pierre-Jean Chalençon
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