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En raison de la crise sanitaire, beaucoup de patients atteints de cancer ont des problèmes de dépistage. Une association du Doubs a ainsi fait état de nombreux cas non diagnostiqués en 2020.

La pandémie de coronavirus a rendu la prise en charge des personnes atteintes de cancer très compliquée et a obligé à déprogrammer des opérations pour les patients non-Covid.

La Ligue contre le cancer du Doubs, qui prépare son assemblée générale pour le 8 avril, s’inquiète du nombre de cancers non diagnostiqués.

Dans une interview accordée à L’Est Républicain, le président départemental de la Ligue, Jean François Bosset, a parlé du bilan de l’année 2020.

«On s’attendait à un diagnostic de 400.000 cancers, ce qui correspond à un peu plus de 1.000 détections par jour. Sur l’année 2020, en France, il en manque 90.000. Ce sont des personnes qui n’ont pas été diagnostiquées et qui n’ont donc pas été traitées. Elles seront prises en charge plus tard, avec des stades de la maladie plus avancés», a-t-il indiqué.

La pandémie aggrave la situation

Il a noté que ces dépistages n’avaient pas été effectués car les patients ne s’étaient pas rendus chez leur médecin avec l’apparition de symptômes.

«Il y a également une perte de chance concernant la participation aux dépistages, que ce soit par exemple au niveau des mammographies, ou des coloscopies», a-t-il déploré.

De plus, M.Bosset a souligné que les déprogrammations à cause du coronavirus aggravaient la situation:

«Dans les hôpitaux et les cliniques privées, on libère des lits pour les patients atteints du Covid. Par conséquent, il y a une diminution des opérations chirurgicales. Ces déprogrammations sont très néfastes pour les patients atteints de cancers».

Et ce manque de cancers traités risque de provoquer une surmortalité dans les années à venir, soutient-il  en citant Axel Kahn, président de la Ligue contre le cancer.

En outre, il a noté que cela concernait d’autres maladies qui «n’auront pas été détectées à temps».

Un bilan annuel inquiétant

M.Bosset a également précisé qu’environ 160.000 personnes décédaient par an du cancer, ce qui est «très élevé».

Cependant de «nouveaux traitements et des diagnostics précoces» contribuent à la diminution de la mortalité globale «de 0,7 à 1% par an».

Déprogrammation dans les hôpitaux

Auparavant, l’Agence régionale de santé (ARS) d’Auvergne-Rhône-Alpes avait appelé dans un communiqué les établissements de santé publics et privés d’Isère et de Savoie à augmenter «leur capacité en lits de soins critiques» pour faire face à la montée attendue de malades du Covid-19.

L'ARS avait ainsi invité ces structures à déprogrammer «leurs activités opératoires et interventionnelles non urgentes pour pouvoir armer rapidement des lits de réanimation ou de médecine supplémentaires pour accueillir l'afflux de patients Covid graves».

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Tags:
mortalité, pandémie, décès, Covid-19, cancer, France
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