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Face à l’inquiétude de plus de la moitié des Français sur l’innocuité du vaccin d’AstraZeneca, ce dernier a finalement trouvé le 7 avril des volontaires à l’injection à Calais, l’une des communes qui avait dû fermer ses centres de vaccination plus tôt que prévu le week-end dernier faute de candidats.

Des doses du vaccin d’AstraZeneca ont trouvé preneur mercredi 7 avril à Calais malgré la perte de confiance envers ce vaccin observée auprès de plus de la moitié des Français, ce qui a même provoqué le week-end dernier la fermeture préalable des centres de vaccination dans les Hauts-de-France.

Selon Europe 1, pas moins de 170 doses ont été injectées dans un centre de Calais.

«Pour moi, le vaccin AstraZeneca ne pose pas problème, malgré les risques. Les risques, c'est quoi? C'est une personne sur combien? De toute façon, les études ont montré qu'il était fiable», confie un habitant de 60 ans au micro d’Europe 1, avouant néanmoins qu’il aurait préféré le Pfizer.

Un infirmier indique à la radio qu’après une annonce faite samedi 3 avril dans les médias, «50 personnes ont décliné ou rejeté les rendez-vous».

«Mais aujourd'hui, les gens ont pris conscience que ce n'était qu'un incident», note-t-il.

En réaction à cette fermeture préalable des centres de vaccination, Olivier Véran a tenté le 5 avril sur TF1 de dissiper les doutes des Français en assurant que les personnes âgées de 55 ans et plus étaient largement gagnantes face à tout risque d’effets indésirables.

Le scepticisme persiste

Une infirmière note néanmoins la persistance du nombre de sceptiques face au vaccin anglo-suédois, ce en dépit de ses tentatives pour «les convaincre».

«Nous, on est infirmières libérales, on a un travail d'éducation et d'information», ajoute-t-elle au micro d’Europe 1.

En effet, l’AstraZeneca souffre d’un manque de popularité notamment dans les Alpes-Maritimes où les annulations de rendez-vous se multiplient en pharmacie, indique le 7 avril Franceinfo.

«On a eu 20% de désistements, on a avancé sur notre liste d’attente et on arrive désormais à la fin de cette liste d’attente», explique un docteur en pharmacie de Menton.

Une tendance similaire est également observée dans une pharmacie de Roquebrune-Cap-Martin (Alpes-Maritimes).

«J’essaie de discuter avec les patients, pour leur expliquer que dans la population en général, tous les ans sur 1.000 personnes, il y a 1,2 cas de thrombose, c’est quelque chose de courant», indique à Franceinfo Cyril Colombani, président de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine des Alpes-Maritimes.

Le vaccin boudé par plus de la moitié des Français

Selon un sondage Odoxa Backbone Consulting pour Franceinfo et Le Figaro réalisé les 18 et 19 mars, plus de la moitié des Français (56%) refusent d’être vaccinés avec l’AstraZeneca.

Parmi ces 56%, les femmes se montrent plus réticentes que les hommes (62% contre 49%) et le refus est particulièrement marqué chez les 25-34 ans (71%). Le refus est moins net chez les plus de 50 ans, mais il concerne tout de même la moitié de cette tranche d’âge.

Un effet indésirable en cause

Ces inquiétudes ont été provoquées par un risque de thrombose «très rare», confirmé le 26 mars par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). L’OMS et l'Agence européenne des médicaments (EMA) ont ensuite essayé de dissiper l’inquiétude en exhortant à poursuivre l’utilisation de ce vaccin suspendu le 15 mars par plusieurs pays.

À l’instar d’autres États, la France a levé la suspension quatre jours plus tard. La Haute Autorité de santé a toutefois recommandé de l’administrer aux personnes de 55 ans et plus car jusqu'alors les cas de thrombose veineuse cérébrale avaient été généralement détectés chez les moins de 55 ans.

Dans son rapport le plus récent, l’ANSM a évoqué 12 cas de thrombose dont quatre décès liés à l’AstraZeneca sur 1.923.000 injections effectuées depuis le début de la vaccination et jusqu’au 25 mars.

La production de Pfizer-BioNTech en France

Cela peut aggraver le retard pris par la campagne de vaccination en France. Pour l’empêcher, le gouvernement a démarré le 7 avril la production de vaccins Pfizer-BioNTech à Saint-Rémy-sur-Avre, en Eure-et-Loir.

D’autres sites seront mis en exploitation en avril, juin et juillet. Le Journal du dimanche (JDD) note que 250 millions de doses devraient être produites vers la fin de l’année.

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