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Polémique autour des dîners clandestins en France (34)
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Alors qu’un scandale de restaurants clandestins éclabousse toute l’industrie française de la restauration, une nouvelle histoire révélée par Actu Normandie vient allonger la liste des établissements qui ne souhaitent pas se conformer aux règles strictes instaurées dans le pays et qui continuent de «travailler au noir».

Les restaurants s’étant retrouvés dans une situation difficile dès le premier confinement d’il y a un an dans le pays, certains tentent de trouver une issue, même si celle-ci est illicite, et prennent le risque de servir des clients.

Le patron d’un restaurant de Rouen ne se cache pas de proposer un déjeuner à des clients installés à des tables séparées, relate Actu Normandie.

«À l’étage, si vous voulez. Mais discrètement», déclare-t-il.

Plusieurs «restaurants clandestins» servent des clients dans la capitale normande et son agglomération, affirme le site d’information, précisant que les adresses circulent de bouche à oreille.

Entre clients-amis

Une femme a témoigné, avouant avoir accepté l’invitation d’un client qui lui a proposé de manger dans un restaurant.

«Ça faisait tellement plaisir, après une si longue abstinence. C'était des habitués, des clients-amis qui étaient là […]. C'est un peu comme se retrouver entre potes», s'est-elle confiée.

Elle estime que «ce n’est pas plus risqué que d’aller faire ses courses ou d’aller chercher une commande à emporter».

Elle admet toutefois qu’«on pouvait nous voir de la rue en regardant bien».

«Super sympa»

Un autre témoin s’est retrouvé dans un restaurant clandestin sans connaître personne.

«C'était super sympa. Bien accueilli dans une ambiance bon-enfant. Tout se passait dans le strict respect des gestes barrières et la salle était aérée», a-t-il raconté.

Il avoue toutefois avoir été vacciné contre le Covid-19.

«Honnêtement, j’en ai marre, au bout d’un moment, il faut aussi penser à sa santé mentale», a-t-il déclaré à Actu.

Il faut dire que les clients sont mieux placés dans cette situation, car ils ne risquent qu’une amende, alors que le patron de l’établissement encourt des poursuites pénales pour «mise en danger de la vie d’autrui et travail dissimulé» et la fermeture de son établissement.

Contrôles et verbalisations

Entretemps, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a annoncé sur Europe 1 le lancement de «103.000 contrôles ce week-end pascal» qui ont débouché sur 10.500 verbalisations. Il a précisé que ces dernières avaient été réalisées «essentiellement pour non-respect du couvre-feu après 19 heures» et «regroupement de plus de six personnes».

Il avait précédemment déclaré que plus de 300 fêtes clandestines avaient été recensées depuis le 15 janvier dernier.

À Paris, 7.345 contrôles de restaurants ont été menés depuis le 30 octobre dernier, selon des chiffres communiqués par le ministère de l'Intérieur à RTL. La chaîne ajoute que 300 contraventions pour ouverture irrégulière ont été dressées et un millier de clients ont été verbalisés.

Deux poids deux mesures?

Une vague de polémique déferle sur le gouvernement après un reportage de M6 dont les journalistes affirmaient que des ministres étaient présents aux repas organisés par Pierre-Jean Chalençon qui s’est cependant désisté de toute responsabilité, déclarant que «c’était une blague».

Dans ce contexte, Gérald Darmanin a demandé de vérifier les faits et une enquête a été ouverte.

Une perquisition a été lancée le 7 avril chez Christophe Leroy, présenté sur son compte Instagram comme «le chef des stars» et soupçonné d'avoir organisé des repas luxueux clandestins notamment au palais Vivienne.

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Polémique autour des dîners clandestins en France (34)

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