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Marlène Schiappa a affirmé auprès de 20 Minutes viser à la création d’un baromètre spécial censé mesurer le harcèlement de rue. Elle veut une cartographie des «zones rouges» de France et mobiliser 2.000 policiers pour «éradiquer» ce phénomène «banalisé» pendant longtemps mais qui «mine la vie des femmes».

Un sondage pour le ministère chargé de l’Égalité entre les femmes et les hommes et publié fin novembre 2020 montre que le harcèlement dans l’espace public revient le plus souvent parmi d’autres types de harcèlement et est devenu plus fréquent qu’auparavant pour quatre Françaises sur 10.

Dans le cadre du renforcement des dispositifs en lien avec sa loi pénalisant «l’outrage sexiste» votée en 2018, Marlène Schiappa a dévoilé auprès de 20 Minutes quelques objectifs pour lutter contre le harcèlement de rue.

En tout premier lieu, la ministre déléguée souhaite mettre en place un baromètre basé sur les chiffres compilés par le ministère de l’Intérieur et censé mesurer le harcèlement dans l’espace public.

«Il n’est pas juste un petit désagrément, ça mine la vie des femmes, […] elles sont contraintes de rentrer les épaules pendant leurs trajets quotidiens dans les transports», a estimé Mme Schiappa.

Le premier baromètre est promis vers le mois d’août, à l’occasion des deux ans depuis la promulgation de la loi du 3 août 2018 pénalisant l’«outrage sexiste», lequel a fait de la France le premier pays à verbaliser le harcèlement de rue avec spécificité pour la flagrance, même si d’autres États le faisaient déjà de manière générale. Depuis cette date, 3.023 verbalisations ont été enregistrées.

«Ce chiffre est en augmentation parce que nous donnons avec le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, des consignes aux préfets, donc aux policiers et aux gendarmes, pour continuer à verbaliser le harcèlement de rue, qui ne s’est pas arrêté avec le confinement», a expliqué la ministre déléguée.

«QSR» et 2.000 policiers mobilisés

Le baromètre contribuera à la mise en œuvre d’«une cartographie de la France» pour, ensuite, identifier des «"zones rouges" du harcèlement de rue [...] où les femmes ne peuvent pas circuler librement».

«Ce que l’on veut, c’est créer des QSR, des "quartiers sans relous"», a expliqué Marlène Schiappa.

La cartographie sera élaborée «sur la base des verbalisations, des plaintes enregistrées, des observations des forces de l’ordre et des remontées des associations concernées», a-t-elle précisé.

Visant à «éradiquer le harcèlement de rue», Marlène Schiappa souhaite également l’intervention «par surprise» de policiers en civil.

«2.000 des 10.000 recrutements supplémentaires annoncés récemment par Gérald Darmanin seront mobilisés pour ce projet, dans le cadre de leurs missions de protection de la population. Ce que l’on veut, c’est créer des QSR, des "quartiers sans relous"», a poursuivi la femme politique.

Influence de la pandémie

Avec le confinement les rues sont devenues vides et davantage dangereuses pour les femmes, toujours selon Mme Schiappa.

«Le déconfinement va faire émerger des préoccupations très particulières. On va probablement assister à un phénomène de "décompensation", dès lors que tout le monde sera vacciné, qu’on va rouvrir les bars, que les gens vont sortir. On se prépare dès maintenant», a-t-elle indiqué en soulignant que «la sécurité des femmes dans les transports est une priorité».

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Tags:
police, France, femmes, harcèlement sexuel, harcèlement, Marlène Schiappa
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