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Dans un entretien au Point, Bruno Retailleau a critiqué l’exercice solitaire du pouvoir d’Emmanuel Macron, confinant selon lui à «l’autocratisme». Le président du groupe LR au Sénat n’a pas digéré la séquence autour du report des élections régionales.

La fronde parlementaire qui a suivi le vote des dernières restrictions sanitaires ne s’est pas encore éteinte. Dans le sillage de plusieurs députés LFI ou du président du Sénat Gérard Larcher (LR), c’est cette fois Bruno Retailleau qui a remis le couvert dans un entretien au Point, pour critiquer les dérives du quinquennat Macron.

Le président du groupe LR au Sénat fustige en particulier la consultation des maires pour le report des élections régionales, finalement fixées aux 20 et 27 juin. Bruno Retailleau y voit une «tentative manœuvrière de la part de l’Élysée», pour éviter une possible «gifle électorale». Plus que l’appel aux maires au détriment d’autres d’élus, c’est la méthode qui gène le responsable LR. Ce report, envisagé «dans la précipitation», est en effet symbolique des «méthodes expéditives» employées par Macron pour gouverner seul, selon le sénateur.

«Ce n'est pas étonnant de la part d'Emmanuel Macron, qui contourne régulièrement le parlement, utilisant des méthodes expéditives […] ou qui court-circuite le conseil des ministres en s'appuyant sur le conseil de défense, des comités bidules. Emmanuel Macron fait preuve d'une très grande légèreté vis-à-vis des institutions démocratiques pour gouverner seul», déclare-t-il ainsi au Point.

Appelant au «respect du calendrier électoral», l’élu s’interroge sur cette «peur de voter», dans un contexte sanitaire qui autorise pourtant les achats en grande surface et devrait bientôt permettre la réouverture des terrasses de cafés et de restaurants.

Pouvoir faible et narcissisme

Bruno Retailleau souligne cependant que la verticalité du pouvoir prônée par Macron se double d’une inefficacité sur les secteurs régaliens. Le sénateur de Vendée rappelle que la défense, la justice et la sécurité ne pèsent plus aujourd’hui que 2,5% du PIB français. Le responsable explique cette contradiction entre un pouvoir faible sur le régalien et un Président selon lui omnipotent, en affirmant que Macron confond «autorité et narcissisme».

«Le régalien, c'est le trou noir du macronisme. Emmanuel Macron a confondu l'autorité et le narcissisme: il a mis la verticalité au service de lui-même […]. L'autocratisme, c'est la marque d'un pouvoir faible», explique-t-il au Point.

Outre un manque d’efficacité dans ces domaines, Bruno Retailleau accuse encore le Président d’avoir «affaibli nos libertés» comme rarement. Il appelle à instaurer une nouvelle relation entre «un État efficace et une vraie société de confiance».

Le président du groupe LR au Sénat, qui ne fait pas secret de ses ambitions présidentielles, a enfin répété être favorable à une primaire au sein de la droite pour 2022. S’il souhaite que le candidat choisi «porte les couleurs LR», Bruno Retailleau désirerait néanmoins «élargir le processus de sélection».

Selon un récent sondage Ipsos, les deux compétiteurs les mieux placés à droite seraient en effet Xavier Bertrand et Valérie Pécresse, tous deux ex-LR, avec respectivement 16% et 11% des intentions de vote au premier tour. L’hypothèse Bruno Retailleau récolte pour sa part 6% des suffrages.

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Tags:
élections régionales, élection présidentielle, Les Républicains (LR), Bruno Retailleau, Emmanuel Macron
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