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Sur Radio Classique, Philippe de Villiers a admis avoir cru un temps en Emmanuel Macron. Désabusé, il dénonce aujourd’hui le «double discours» du Président et tire la sonnette d’alarme concernant l’immigration.

Récemment hué à Montpellier où il était venu défendre son action en matière de sécurité, Emmanuel Macron a reçu une nouvelle volée de bois vert sur Radio Classique, cette fois de la part de Philippe de Villiers sur des sujets sensiblement similaires.

L’ancien député s’est d’abord dit déçu du mandat d’Emmanuel Macron en qui il avait fondé quelques espoirs. Le fondateur du Puy du Fou l’avait même invité au parc d’attractions en 2016, alors que le futur Président venait de lancer son parti En Marche.

«Macron m’a déçu […]. J’étais prêt à l’entendre […]. Je me disais: “il faut quand même y croire, il faut quand même que j’essaie de lui faire passer des messages”. Pendant longtemps, je pensais pouvoir l’influencer, notamment sur la question du défi migratoire», expose Philippe de Villiers.

L’idylle a pourtant tourné court et le frère du général de Villiers dénonce aujourd’hui le «double discours» de Macron. Il critique les contradictions du Président qui multiplie par exemple les appels du pied à l’électorat de droite, notamment sur le trafic de drogues, mais parle en même temps de «déconstruire l’histoire de France», dans la lignée des discours décoloniaux d’extrême gauche.

Le discours présidentiel entre surtout en contradiction avec les actes sur la question migratoire, précise Philippe de Villiers.

«Il m’explique en aparté “on va se battre contre l’immigration, vous avez raison, c’est la source de l’insécurité” et en réalité il fait le contraire. En 2019, on a eu 274.000 cartes de séjour», poursuit l’ancien député.

Désabusé, l’ancien candidat à la présidentielle voit encore en Macron la «dernière illusion» de la gauche caviar, adepte de la «mondialisation heureuse».

Le «grand remplacement»

Philippe de Villiers a tissé un autre lien entre la question migratoire et l’insécurité dans certains quartiers, déplorant la faiblesse de l’État sur les sujets régaliens.

«L’origine de tous les problèmes de sécurité qu’on a dans les banlieues, qui deviennent quasiment insolubles […], c’est l’immigration. On ne tient plus nos frontières, on ne tient plus l’État. L’angle mort de Macron, c’est le régalien», assène-t-il.

Un constat déjà dressé par Bruno Retailleau le 17 avril dans un entretien au Point. Le président du groupe LR au Sénat y rappelait que la défense, la justice et la sécurité ne pesaient plus aujourd’hui que 2,5% du PIB français, contre 6,5% il y a peu.

Philippe de Villiers affirme en outre que l’«immigration de travail» des années Pompidou s’est progressivement transformée en «immigration de peuplement» et aujourd’hui en «immigration de remplacement». Un processus qui aboutit désormais à un «manque de mixité» voire de «blanchité» dans certains quartiers, ajouté de Villiers en écho aux récents propos d’une habitante de Montpellier lors de la visite de Macron.

Popularisée par l’écrivain Renaud Camus, l’expression de «grand remplacement» agite le débat politique depuis plusieurs années. Elle décrit le remplacement d’une population autochtone par une autre, via un phénomène de submersion migratoire. Un processus qui pourrait mener à terme à une «perte de l’identité et à une colonisation à rebours», avançait en janvier auprès de Sputnik l’essayiste Jean-Yves Le Gallou.

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Tags:
Emmanuel Macron, banlieue, insécurité, immigration, Philippe de Villiers
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