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Alors que la crise sanitaire devrait avoir un impact délétère sur l’emploi, l’exécutif n’a pas abandonné sa réforme de l’assurance-chômage. Les syndicats ont défilé dans les rues pour dénoncer le «scandale» qui devrait provoquer la baisse des allocations des demandeurs d’emploi les plus précaires.

La réforme de tous les dangers pour le gouvernement. Partout en France, des syndicats –dont la CGT et Solidaires– ont battu le pavé pour demander l’abrogation de la réforme de l’assurance-chômage. Après plusieurs reports, et malgré les critiques suscitées, elle entrera finalement en vigueur le 1er juillet prochain. À Paris, des manifestants se sont donc réunis devant le théâtre de l’Odéon, toujours occupé par des intermittents du spectacle, pour un flash mob musical afin de faire entendre leur colère.

​Dans la capitale toujours, un cortège rassemblant plusieurs centaines de personnes s’est quant à lui élancé de la place d’Italie vers la place de la Bastille en début d’après-midi. Pour les syndicats, cette réforme de l’assurance-chômage n’est ni plus ni moins qu’un «scandale», ont-ils expliqué dans un communiqué.

​En effet, ils craignent que la nouvelle méthode de calcul des allocations pénalise les demandeurs d’emploi, notamment les plus précaires. Philippe Martinez, secrétaire de la CGT, a d’ailleurs qualifié ce projet de «super injuste».

Une régression, pour les partenaires sociaux

L’étude d’impact de l’Unedic, publiée le 7 avril dernier, ne les a pas rassurés. Selon l’organisme, ce sont 1,15 million de chômeurs qui verront leur allocation journalière diminuer de 17% en moyenne la première année. Néanmoins, pour éviter des revenus trop bas, la baisse sera limitée par un plancher: à savoir 43% maximum. Et si l’indemnisation est moins élevée, elle sera cependant plus longue. Ainsi, les bénéficiaires percevront théoriquement leur allocation durant 14 mois en moyenne, contre 11 actuellement.

​Autre point de crispation: le salaire journalier de référence. Dorénavant, il prendra en compte la moyenne des revenus perçus les 24 derniers mois, mais inclura les périodes non travaillées. En clair, les personnes ayant bénéficié d’un chômage partiel, congé maladie ou maternité pourraient recevoir une allocation réduite d’un tiers comparé à celles qui ont travaillé en continu.

«On est en pleine crise avec un chômage qui va augmenter et on tape sur les chômeurs. […] Ils auront une indemnisation moindre parce que le gouvernement a fait n’importe quoi», s’est insurgé Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT sur RMC.

La CGT, FO et la CFDT ont annoncé avoir déposé un recours devant le Conseil d’État pour demander l’annulation du décret car «c’est une régression, c’est une attaque contre les demandeurs d’emploi», a affirmé Laurent Berger.

​Le gouvernement s’est défendu en arguant du fait que cela faisait partie des «effets non voulus» de la réforme. Le ministère du Travail a assuré à l’AFP que «s’il [fallait] un nouveau décret pour effectuer ces ajustements, on le ferait».

Recours devant le Conseil d’État

«Dès que j’ai eu connaissance de cette étude de l’Unedic, que l’on a reçu un petit peu tard, quelques jours avant la publication du décret [fin mars, ndlr], j’ai demandé à mes services de prendre contact avec l’Unedic pour que l’on règle ce problème et c’est ce que l’on va faire», a souligné Élisabeth Borne, ministre du Travail.

Si les critiques fusent, pour la ministre du Travail, le système actuel n’est néanmoins «pas satisfaisant». Selon elle, il «encourage certaines entreprises à avoir des contrats courts et alterner les périodes de chômage plutôt que d’avoir des CDI plus protecteurs». En témoigne l’explosion des contrats courts, avec une augmentation de 250% en dix ans des CDD de moins d’un mois.

Si la ministre ne l’a pas évoqué, la réforme permettra tout de même de réduire les dépenses de l’État à hauteur de 2,3 milliards d’euros par an.

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chômage, manifestation, syndicats
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