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Après la publication Facebook d’une élue d’Aix-en-Provence sur un baiser forcé d’Éric Zemmour, plusieurs autres femmes ont témoigné auprès de Mediapart, livrant des récits de gestes et propos à connotation sexuelle. Le polémiste refuse de s’exprimer au sujet de ces accusations.

«Dans son monde, on se sert. Il s'est servi. C'est tout», écrivait le 24 avril sur Facebook Gaëlle Lenfant, élue socialiste d’opposition à Aix-en-Provence, rapportant le récit d’un baiser donné de force par Éric Zemmour en 2006. Interrogée par Mediapart, elle explique pourquoi avoir décidé d’en parler 15 ans plus tard.

Selon elle, c’est l’apparition d’une affiche géante du polémiste, retirée depuis, sur le haut d’un échafaudage dans sa commune qui a été l’élément déclencheur. «J'ai eu besoin de sortir ça de mon cercle privé. Parce que voir sa tête, dans ma ville, ça a été un énorme choc», indique-t-elle auprès du site d’information.

Les faits qu’elle a évoqués se sont déroulés en marge de l’université d’été organisée par le Parti socialiste à La Rochelle, juste après un atelier de Jean-Luc Mélenchon lors duquel elle était assise à proximité de M. Zemmour.

«Je me lève, il se lève aussi. M'attrape par le cou. Me dit "cette robe te va très bien tu sais?". Et m'embrasse. De force. Je me suis trouvée tellement sidérée que je n'ai rien pu faire d'autre que le repousser et m'enfuir en courant. Trembler. Pleurer. Me demander ce que j'avais bien pu faire», a-t-elle raconté sur Facebook.

Plainte déposée

Après cette révélation, la femme a reçu des messages de soutien, mais aussi des critiques et des menaces, ce qui l’a poussée à porter plainte jeudi 28 avril. Ses détracteurs lui reprochent surtout de sortir cette affaire à l’heure où circule la rumeur d’une candidature d’Éric Zemmour à la présidentielle.

«C'est aussi parce que c'est un moment politique particulier que des gens ont souhaité l'afficher par dix mètres de haut dans ma ville. Il n'y a pas de complot. Il y a juste une corrélation de moments», assure-t-elle auprès de Mediapart.

Autres témoignages

Quelques jours après la publication de l’élue, d’autres femmes interrogées par le média ont livré leurs récits, parlant des violences sexuelles à la fois par des mots et des gestes non consentis.

C’est le cas de la journaliste belge Aurore Van Opstal, laquelle a affirmé sur Twitter (son compte a été supprimé) qu’Éric Zemmour lui a «caressé la cuisse jusqu’à l’entrejambe sous la table d’un café parisien où nous étions». Il s’agissait de leur première rencontre, en mars 2019, selon elle.

«J’étais tétanisée, sous le choc, je ne comprenais pas ce qu’il se passait, je le connaissais depuis trois minutes. Il avait 60 ans, j’en avais 29», confie-t-elle à Mediapart.

Une autre journaliste, Anne, souhaitant rester anonyme, a également relaté une rencontre avec l’essayiste au cours de laquelle «il n’a pas arrêté de [la] draguer». «Il m’a demandé de le remercier autrement, s’est penché et m’a embrassé[e]. Il a mis sa langue et tout! Je l’ai repoussé encore mais pas assez franchement […] Quel goujat!», raconte-t-elle.

Plusieurs autres journalistes passées par Le Figaro, pour lequel écrit Éric Zemmour, évoquent de leur côté un comportement de «gentleman lourdingue». «Lors de mes années au journal, ce n’est pas un homme avec qui je voulais me retrouver seule dans l’ascenseur», indique l’une d’elles.

«Il est monté avec moi et a immédiatement fixé mon décolleté de manière vraiment lubrique, manifeste, pendant des secondes», se souvient une autre.

Enfin, une ancienne maquilleuse d’i-télé, devenue CNews, se rappelle d’un moment où elle s’est retrouvée seule dans une loge avec lui. Il l’a «plaquée contre le mur», «une main sur [son] bras et l’autre au-dessus du sein, près de l’aisselle», et lui a soufflé «mais tu ne comprends pas que j’ai envie de baiser avec toi», avant de lui donner sa carte de visite: «Appelle-moi, il faut qu’on se voie, je peux te faire bosser».

Réaction

Contacté par Mediapart, Éric Zemmour n’a pas souhaité réagir: «Je ne répondrai pas dans vos colonnes, je ne vous répondrai pas». À propos du témoignage de Gaëlle Lenfant, l’entourage du polémiste a affirmé sur Franceinfo que ce dernier n’avait «aucun souvenir de cette scène». Il ne devrait pas non plus porter plainte afin de ne pas tomber «dans le piège d’une judiciarisation». Toujours selon cet entourage, ce n’est «pas une affaire judiciaire mais une affaire politique qui sort au moment où chacun sait qu'il y a des velléités autour de lui».

Le groupe Canal+, maison-mère de la chaîne d'information CNews, a confirmé auprès de l'AFP qu'il restait à l'antenne, sans plus de commentaire.

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Tags:
violences, témoignage, harcèlement sexuel, sexisme, Eric Zemmour
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