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Dans un entretien-fleuve accordé à Sputnik, Philippe de Villiers dénonce la façon dont la pandémie de Covid a constitué une «fenêtre d’opportunité» pour les élites mondialisées. L’objectif? Le basculement vers une «société de la surveillance généralisée» et le traçage des individus, auquel Macron lui-même ne serait pas étranger.

«Le pass sanitaire est la première étape de l’identité numérique voulue par l’Onu pour un contrôle total d’une société devenue disciplinaire.»

Devant les caméras de Sputnik, Philippe de Villiers attaque d’emblée et ne fait pas dans la dentelle. Alors qu’en France, la Commission des lois de l’Assemblée nationale vient tout juste de valider en première lecture un passeport sanitaire pour accéder aux établissements, lieux ou événements réunissant plus de 1.000 personnes, l’ancien homme politique estime qu’un tel mécanisme était en réalité prévu de longue date.

Dans son livre Le Jour d’après (Éd. Albin Michel), le fondateur du Puy du Fou avance que l’idée d’un «passeport vaccinal» remonte en fait au «Global Vaccination Summit», du nom de ce sommet organisé par la Commission européenne à Bruxelles le 12 septembre 2019, en partenariat avec l’Organisation mondiale de la Santé. «C’est six mois avant les premiers bulletins d’information sur l’épidémie de Covid-19 que les autorités bruxelloises décidèrent de promouvoir la vaccination générale», écrit Philippe de Villiers. Une vaccination non seulement «générale», mais aussi et surtout imposée à tous, si l’on en croit l’essayiste. «En octobre 2019, la Commission européenne, anticipant le drame à venir, publie, en accord avec l’OMS, son plan pour une vaccination obligatoire et universelle», ajoute-t-il.

«Ce qui s’est passé était prévisible et a été prévu»

Pire encore, surenchérit Philippe de Villiers, quelques jours plus tard, le 18 octobre 2019 précisément, se tenait à New York un «un exercice de simulation d’une pandémie de type coronavirus.» Au rang des invités, «non pas les États, mais des puissances privées, parmi lesquelles Bill Gates, le Forum économique de Davos, Big Data et Big Pharma», précise le Vendéen.

«Ces gens-là se doutent de quelque chose et préparent quelque chose! Je ne dis pas que le virus a été inventé: je dis simplement qu’il a été saisi comme une opportunité. En faisant une mondialisation sauvage, sans-frontière et sans cloisons, on crée un monde pathogène», lance Philippe Villiers à notre micro.

Dans son livre, celui-ci détaille les retombées anticipées d’une éventuelle pandémie lors de cette fameuse conférence à New York: crise économique, krach boursier, suspension des vols internationaux, défiance envers les informations officielles, tensions et débordements sociaux, perte de confiance dans la parole politique, etc. «Ce qui s’est passé était prévisible et a été prévu», tranche Philippe de Villiers. Pourquoi n’a-t-on rien fait?

«Le but visé est simple: pour les géants du numérique, toujours plus d’argent et toujours plus de profit […]. Pour les gouvernements, le contrôle total qui passe par les algorithmes capables de capter le for intime des individus.»

 «C’est écrit en toutes lettres dans “La Quatrième révolution industrielle” de Klaus Schwab [fondateur et président du Forum économique mondial de Davos, ndlr] en 2016: il raconte comment on va faire des implants cérébraux pour lire les ondes cérébrales», en veut pour preuve Philippe de Villiers. «C’est simple, ils veulent numériser les individus pour les contrôler: le 19 décembre dernier, le Chili a d’ailleurs intégré dans sa Constitution la protection du cerveau de Chiliens contre les implants», illustre notre interlocuteur.

Le «Great Reset», fantasme complotiste ou feuille de route?

Mais Philippe de Villiers ne s’arrête pas là. Élucubrations complotistes, délire fantasmatique? L’écrivain semble parfois aller un peu vite en besogne et ne craint pas de noircir le tableau, mais réfute en bloc ces accusations. «Je connais la vie publique et la vie politique. La feuille de route est tracée et je cite les faits. Toutes les références sont dans mon livre!», se défend-il. Ainsi rappelle-t-il le fameux «Great Reset» ou «grande réinitialisation», du nom de ce concept élaboré par Klaus Schwab lui-même dans son livre éponyme, paru en juin 2020. Extraits choisis: «Beaucoup d’entre nous se demandent quand les choses reviendront à la normale. Pour faire court, la réponse est: jamais. […] La pandémie représente une “fenêtre d’opportunité” rare, mais étroite pour réfléchir, réimaginer et réinitialiser notre monde.» Un passage qui ouvre la voie à toutes les interprétations.

«On revisite notre passé ainsi que notre présent pour l’ordonner à un Nouveau Monde totalitaire que “Big Brother” lui-même n’aurait pas conçu», avance quant à lui Philippe de Villiers.

L’essayiste en est certain: la pandémie de Covid-19 a fait s’accélérer de manière spectaculaire un processus engagé depuis quelques années déjà. Conséquence directe: l’ère du «tout-numérique», de la «société distanciée du télétravail et de l’enseignement à distance» et enfin la naissance d’un «capitalisme de surveillance globale» seraient bel et bien advenues, craint l’ancien secrétaire d’État à la Culture de Jacques Chirac.

«Au nom du tout-sanitaire, on sacrifie la jeunesse, l’avenir et la transmission. Au nom du tout-numérique, on sacrifie la société de voisinage, les métiers de la main et du cœur. Et au nom du transhumanisme, qui est le but ultime de Google et des autres, on dénature l’espèce humaine», s’emporte-t-il.

Une question subsiste néanmoins face à ce sombre tableau décrit avec emphase par un Philippe de Villiers, «lanceur d’alertes et sonneur de tocsin», ainsi qu’il se définit lui-même: existe-t-il encore des garde-fous? Où sont les États censés protéger leur population des dérives potentielles du transhumanisme totalement dévoyé qui nous est présenté?

Macron «considère la France comme un espace expérimental»

Réponse sans ambages du chantre du souverainisme dans son livre: «Il y a une alliance objective entre les deux, un échange de services: les politiques acceptent de faire sauter les frontières pour les nouveaux empires. Et les nouveaux empereurs acceptent de fournir aux politiques un outil de contrôle sans pareil des populations.»

«Quand le bien commun n’est plus assumé par l’État, il est disséminé entre les puissances privées. Or, quand ce sont les puissances privées qui commandent, c’est un néo-féodalisme, en l’occurrence numérique, qui gouverne le monde avec des cyberfiefs. Nous sommes devenus les serfs, les “vilains” ou les moujiks de la glèbe numérique.»

Au passage, celui qui avait affiché publiquement sa complicité avec Emmanuel Macron, alors ministre de l’Économie de François Hollande, en août 2016 au Puy du Fou, en profite désormais pour égratigner un Président de la République qui n’a selon lui «ni la force ni l’ambition» de faire face aux crises et, pire encore, qui «considère la France comme un espace expérimental.»

«Lénine parlait des “idiots utiles”. Macron est un ludion utile: c’est un enfant du numérique et du virtuel. Il a tout faux. Les trois mantras du macronisme sont la souveraineté européenne […], la “start-up nation” qui se joue des frontières et qui se délocalise à souhait, qui est aujourd’hui en EHPAD sous perfusion, et enfin la “mondialisation heureuse”, la religion des flux!», tance le Vendéen dans un dernier assaut. 

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