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Après avoir soutenu, il y a quelques jours auprès du Journal de dimanche, l’interdiction de l’écriture inclusive à l’école, Jean-Michel Blanquer a finalement tranché en la proscrivant de manière officielle. A contrario, il a largement préconisé la féminisation des métiers et des fonctions.

C’est par l’envoi d’une circulaire aux rectorats que Jean-Michel Blanquer a interdit l’utilisation de l’écriture inclusive à l’école.

Tout en jugeant que l’égalité entre les filles et garçons «doit être construite, promue et garantie par l’école de la République», le ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports a estimé que les objectifs s’inscrivant dans la lutte contre les discriminations sexistes «ne doivent pas être pénalisés par le recours à "l'écriture dite inclusive"».

D’après le ministre, la «complexité et l’instabilité constituent autant d'obstacles à l’acquisition de la langue comme de la lecture».

«Ces écueils artificiels sont d'autant plus inopportuns lorsqu'ils viennent entraver les efforts des élèves présentant des troubles d'apprentissage accueillis dans le cadre du service public de l'école inclusive», a-t-il poursuivi dans le texte de la circulaire.

Pour appuyer cette décision, le ministre a cité l’avis de l’Académie française:

«Contre-productive» pour la lutte contre les discriminations sexistes, cette écriture est «nuisible à la pratique et à l’intelligibilité de la langue française. […] Les promoteurs de l'écriture inclusive violentent les rythmes d'évolution du langage selon une injonction brutale, arbitraire et non concertée, qui méconnaît l'écologie du verbe.»

Point médian, féminisation des métiers

S’opposant fermement à l’utilisation du point médian cherchant à «faire apparaître simultanément les formes féminines et masculines d’un mot employé au masculin lorsque celui-ci est utilisé dans un sens générique», le ministre a pointé «un obstacle à la lecture et à la compréhension de l'écrit», ainsi que «pour l'accès à la langue d'enfants confrontés à certains handicaps ou troubles des apprentissages».

Cependant, «l'usage de la féminisation des métiers et des fonctions doit être recherché», a insisté le ministre.

Un débat de plusieurs années

Contacté par Sputnik à ce sujet, le ministère chargé de l’Égalité entre les femmes et les hommes n'a pas répondu à nos sollicitations avant la mise en ligne de cet article.

Tout comme M.Blanquer, en 2019, Marlène Schiappa, alors secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, avait largement soutenu la féminisation de la langue française, tout en estimant qu’il serait compliqué d’enseigner à l’école le point médian.

La polémique autour de l’écriture inclusive en France est en effet vieille de plusieurs années.

Le 21 novembre 2017, une circulaire avait été signée par le Premier ministre de l’époque Édouard Philippe, laquelle invitait les ministres «à ne pas faire usage de l'écriture dite inclusive» et «en particulier pour les textes destinés à être publiés au Journal officiel de la République française».

Cette année-même, l’Académie française avait réagi au resurgissement de l’usage de l’écriture inclusive «qui prétend[ait] s’imposer comme norme». Elle avait alors lancé «un cri d’alarme» et avait considéré ce langage comme un «péril mortel».

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Tags:
écriture inclusive, Jean-Michel Blanquer, école
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