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Olivier Véran, un membre de La France insoumise, un ancien ministre, un ex-Grand maître du Grand Orient étaient pris pour cibles par un groupe néonazi dans leur projet d’attaque terroriste visant également une loge maçonnique. Antisémites, ses membres se montraient fascinés par le IIIe Reich et Hitler, indiquent plusieurs enquêtes.

Après le placement en détention provisoire de trois membres du groupuscule néonazi Honneur et Nation, de nouveaux éléments sur son projet d’attentat sortent dans les enquêtes de divers médias.

Le Journal du dimanche révèle ce dimanche 9 mai qu’Olivier Véran figurait parmi les cibles désignées, tout comme une loge maçonnique et de lieux communautaires. Cependant, l’hebdomadaire ne fournit pas de détails supplémentaires concernant les motivations du groupuscule quant au ministre de la Santé.

Dans leurs échanges menés sur les réseaux sociaux, ses membres dénoncent «un prétendu complot judéo-maçonnique», faisant preuve d’antisémitisme et de fascination pour Adolf Hitler, poursuit le JDD.

Par ailleurs, aucun signe d’un passage imminent à la réalisation du «Projet Alsace» n’a été révélé.

Des ministres et un membre de LFI

Deux jours plus tôt, BFM TV révélait qu’Honneur et Nation avait cherché à «s’en prendre à un ministre de l’actuel gouvernement, un ancien ministre, ainsi qu’à une personne de La France insoumise», selon Dominique Rizet, consultant police-justice de la chaîne d’information en continu qui se réfère au témoignage d’un des individus placés en garde à vue dans le cadre de cette affaire.

Bien qu’il ne s’agisse que de «projets», M.Rizer ajoute: «C’est de l’intentionnalité, le côté opérationnel qui n’a pas encore été établi».

D’après les premiers éléments communiqués par la personne placée en garde à vue et cités par le consultant, «c’était plus tourné vers La France insoumise. Il y a plus de la haine de ce côté-là».

Un ancien Grand maître pris pour cible

Selon les informations de France Bleu Lorraine, le groupuscule visait également l'ancien Grand maître du Grand Orient de France, Jean-Philippe Hubsch. Il a occupé ces fonctions d'août 2018 à janvier 2021. «Stupéfait» d’être une cible potentielle, il a déclaré ne pas avoir été directement menacé. Pour lui, «c’est une demi-surprise», car il a été «exposé tout en long de [son] mandat».

«Mais dans le monde dans lequel nous vivons, avec une résurgence d’extrémistes politiques ou religieux, je ne suis malheureusement pas surpris», réagit-il auprès de la radio.

Révélations sur le groupuscule

Selon les informations de Marianne, le fondateur d’Honneur et Nation est l’ancien secrétaire départemental du Front national de la jeunesse (FNJ) de Corrèze, Sébastien Dudognon, 29 ans, le crâne rasé et les bras tatoués de sigles SS. Il a quitté le FNJ en 2017 et exerce le métier de cuisinier, indique le quotidien. Sur les réseaux sociaux, Dudognon se montrait «de longue date» fasciné pour le IIIe Reich.

En 2018, il s’apprêtait à ouvrir un local en Corrèze pour accueillir la Division nationaliste révolutionnaire (DNR), mouvance néonazie toujours active dont il était à l’époque le président, précise Marianne. Suite à des perturbations au sein du groupe, il a quitté son poste.

Enfin, un lien entre plusieurs membres d’Honneur et Nation et Rémy Daillet, figure du mouvement complotiste français résidant en Malaisie, a été révélé par une source proche citée par l’AFP. Celui-ci figure en tant que complice de l’organisation de l’enlèvement de la petite fille Mia en avril, laquelle a finalement été retrouvée. Cet ancien cadre du MoDem en Haute-Garonne fait désormais l’objet d’un mandat d’arrêt international dans le cadre de cette enquête.

L’enquête

Soupçonnés de préparer une attaque contre une loge maçonnique en Moselle, six membres du groupuscule ont été interpellés le 4 mai dans le Doubs et le Bas-Rhin, indiquent une source judiciaire et une source proche du dossier, confirmant une information de BFM TV.

Une information judiciaire pour «association de malfaiteurs terroristes criminelle» a été ouverte. Trois membres ont été mis en examen et écroués: un homme de 56 ans présenté comme le chef du groupe, un 29 ans et une femme de 53 ans. Les trois autres individus ont été relâchés.

Des écrits et des objets à caractère nazi ont été saisis lors des perquisitions, détaille le JDD, notamment un portrait d’Hitler, un exemplaire de son livre Mein Kampf, ainsi que des médailles du IIIe Reich. Détenues légalement pour la pratique du tir sportif, des armes ont également été retrouvées.

Auparavant, BFM TV avait fait savoir que des couteaux, des munitions et de l’argent avaient été trouvés par les enquêteurs. Les membres du groupuscule avaient également fait des recherches sur des explosifs et réalisé des repérages.

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Tags:
attentat, La France insoumise (LFI), franc-maçonnerie, Olivier Véran, néonazis
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