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Alors que la CGT Santé et action sociale a déposé un préavis de grève pour le 11 mai et que les soignants de réanimation et des unités de soins critiques sont appelés à suivre pour obtenir une meilleure reconnaissance de leur exercice et des revalorisations salariales, plusieurs représentants du métier font part de leurs problèmes aux médias.

Depuis plus d’un an, le personnel médical est mobilisé et travaille sans relâche. Les soignants ont déjà reporté des vacances, que ce soit à Noël ou à Pâques, et enchaînent les heures supplémentaires. Mais cela ne peut plus durer, avertit un chef de service.

«Il faut que les personnels se reposent et fassent une vraie coupure. C'est indispensable, sinon on ira clairement dans le mur. Donc il faudra trouver des solutions s'il devait y avoir une reprise», explique à Europe 1 Antoine Vieillard-Baron, chef du service réanimation à l’hôpital Ambroise-Paré de Boulogne-Billancourt.

Car même si la situation épidémique s'améliore et qu’un déconfinement progressif est d’ores et déjà engagé, les épidémiologistes craignent une éventuelle quatrième vague de Covid-19 avec la réouverture des terrasses, des commerces et des lieux de culture.

«On n'est pas des machines. On garde tous des cicatrices de ce qu'on a vécu cette année», indique à l'AFP Deborrah Léga, infirmière en réanimation dans cet hôpital de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP).

Pour parer à un éventuel accroissement du nombre de malades, l'agence régionale de santé (ARS) d’Île-de-France a demandé aux hôpitaux de déprogrammer 40% de leurs interventions chirurgicales pour augmenter le nombre de lits de réanimation.

Dans ce contexte, les soignants attirent l’attention sur la nécessité de respecter le ratio patients-soignants.

«Ce n'est pas en réquisitionnant les personnels d'autres services qu'on fait face à l'urgence», affirme à France 3 Sylvie Bertuit, secrétaire départementale de la CGT Santé du Loiret.

«C'est beaucoup de stress»

Les soignants expliquent également qu’ils travaillent presque toujours en état de stress.

«Les patients atteints du Covid demandent beaucoup de soins. Leur état peut se dégrader en deux secondes. Ils sont très instables et demandent une surveillance accrue. C'est beaucoup de stress», raconte à France 3 Delphine Guirado, aide-soignante au service réanimation du Centre hospitalier de Blois.

Elle insiste sur la nécessité de renforts, mais avant tout de «renforts formés à la réanimation».

Car «personne ne sort du diplôme d'infirmier formé à la réa. Je n'ai eu aucune formation de base à l'école. Il m'a fallu un an dans le service pour apprendre et un an de plus pour être à l'aise avec la haute technicité que demande ce métier», détaille à la chaîne un infirmier du service réanimation du Centre hospitalier de Blois qui a dû tout apprendre sur le terrain.

«Si on avait eu du personnel formé avec des salaires attractifs et un ratio patients-soignants respecté, on n'aurait pas eu une telle détresse dans les services de réanimation», fait encore remarquer Sylvie Bertuit.

«Le bout du tunnel»?

Toutefois, Jean-Michel Constantin, chef de la réanimation à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, organise déjà les plannings de cet été et accorde des congés à ses équipes.

«À partir du moment où il y a un peu de perspectives et où on voit le bout du tunnel, je crois que chacun est capable de travailler un peu plus pour qu'il y ait une partie de l'équipe qui parte en vacances, en se disant que ce sera chacun son tour», note-t-il au micro d’Europe 1.

Appel à la grève

La CGT Santé et action sociale a appelé les soignants des services de réanimation à se mettre en grève le 11 mai. L'Union des réanimations de France pour une reconnaissance, à l'origine de cette mobilisation, formule dans ce contexte ses revendications sur la page de son groupe Facebook.

Elle demande notamment une reconnaissance de la spécificité et des compétences liées à l’exercice en réanimation et soins continus, ainsi qu’une revalorisation salariale.

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grève, soignants, Covid-19, France
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