France
URL courte
Par
517125
S'abonner

En cas de second tour face à Macron en 2022, Marine Le Pen arriverait largement en tête chez les policiers et les militaires, selon un récent sondage.

La colère des policiers et des militaires, exprimée aujourd’hui à coups de tribunes et de manifestations, pourrait bien se traduire dans les urnes en 2022. 44% d’entre eux seraient en effet tentés par un vote Marine Le Pen à la prochaine présidentielle, révèle un sondage Ipsos pour le Centre de recherches politiques de Sciences Po (CEVIPOF), relayé par L’Opinion.

En cas de duel avec Emmanuel Macron au second tour, ce chiffre monte même jusqu’à 60%. Le vote varie cependant au regard des fonctions exercées au sein des forces de l’ordre, précise à L’Opinion Luc Rouban, directeur de recherche au CNRS rattaché au CEVIPOF.

«C’est 60% a minima […]. Il existe une forte disparité, car le vote est lié au niveau de diplôme et le milieu policier reste clivé entre les commissaires et les agents», explique-t-il ainsi.

Une récente étude sur l’évolution de l’électorat RN en 30 ans avait déjà mis en exergue ce vote des catégories populaires et moins diplômées. Les actifs étaient aussi beaucoup plus enclin à voter RN que les retraités, révélait cette étude de la fondation Jean-Jaurès. Un constat qui se vérifie chez les forces de l’ordre, puisque seulement 51% des policiers à la retraite voteraient Marine Le Pen face à Macron en 2022, contre 74% des policiers en activité.

Pas de «front républicain»

Le sondage Ipsos met également en évidence la bonne image dont bénéficie Marine Le Pen auprès des forces de l’ordre.

Son sens des réalités est notamment salué, près de la moitié des sondés estimant qu’elle «comprend les problèmes des gens comme nous», contre seulement 13% pour Emmanuel Macron. 52% pensent également qu’elle «veut vraiment faire changer les choses».

La prépondérance du vote RN chez les policiers et les militaires n’est cependant pas une surprise, puisque 57% des sondés disent avoir voté pour Marine Le Pen au second tour de 2017. Mais la surprise pourrait venir de l’abstention, explique le criminologue Alain Bauer dans une tribune pour L’Opinion. Selon lui, la «sous-estimation des phénomènes profonds de la société», comme la montée de l’insécurité ou du terrorisme, a créé un ras-le-bol chez de nombreux «agents de première ligne», ce qui devrait porter préjudice à la mobilisation contre Marine Le Pen en 2022.

«Le lent processus de goutte à goutte de la violence, de la criminalité "ordinaire" ou du terrorisme […] provoquent, après une fermentation de plusieurs décennies, un puissant mouvement de consternation et d’exaspération, particulièrement chez les fameux "agents de première ligne"», explique ainsi Alain Bauer dans sa tribune.

Interrogé sur BFM TV, le criminologue a estimé qu’il n’y aurait pas de «front républicain naturel» en 2022. Il a en outre appelé à cesser les «postures et les rodomontades» en matière de sécurité.

Depuis plusieurs semaines, policiers comme militaires ont multiplié les tribunes dans les médias, s’inquiétant d’un climat d’insécurité voire d’un certain «délitement» des institutions en France. L’assassinat du policier Éric Masson a en outre entraîné plusieurs mobilisations, les syndicats appelant notamment à boycotter le prochain Beauveau de la sécurité, le 17 mai.

Lire aussi:

La Pologne enverra des drones turcs protéger les frontières est de l’Otan
«J'ai vu la pression d'un vestiaire»: des sportifs français évoquent la difficulté de révéler leur homosexualité
Cybersécurité: les données de chômeurs volées, enquête en cours à Pôle Emploi
Un important incendie suivi de déflagrations dans le centre de Moscou - vidéos
Tags:
sondage, Présidentielle française 2022, armée, police, Marine Le Pen
Règles de conduiteDiscussion
Commenter via SputnikCommenter via Facebook