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Augustin de Romanet, PDG du Groupe Aéroports de Paris, a fait part de son inquiétude vis-à-vis de la saison estivale dans les aérogares. Selon lui, la multiplication des mesures anti-Covid à la sortie des avions risque de créer de fort désagréables temps d’attente. Une expérience déjà vécue par l’un des membres de notre rédaction.

«Aujourd’hui ce qui est en haut de ma pile de préoccupations, c’est la discussion avec le ministère de l’Intérieur pour éviter que cet été ne soit une apocalypse de temps d’attente pour les passagers.»

Les mots sont forts et au niveau de l’inquiétude qui est celle d’Augustin de Romanet. Le PDG du Groupe Aéroports de Paris (ADP) a évoqué ses préoccupations à l’égard de la saison estivale lors d’une conférence de presse consacrée aux carburants renouvelables pour l’aviation.

​En cause? La situation sanitaire liée au Covid-19 qui oblige à redoubler de vigilance avec les passagers, notamment ceux en provenance de destinations jugées à risque. «Ce qui me préoccupe principalement, c’est la gestion de la multiplicité des contrôles, des tests et du double contrôle de la police aux frontières», s’est ému Augustin de Romanet.

Un parcours du combattant

Pour le moment, la situation reste relativement gérable. À Paris, Orly et Roissy n’ont vu défiler le mois dernier que 13,9% du nombre de voyageurs présents dans les aérogares en avril 2019. Mais le relâchement des mesures sanitaires observées dans de nombreux pays, dont la France, qui rouvre ce 19 mai ses terrasses et ses cinémas, laisse entrevoir une reprise graduelle du trafic passager.

Ainsi, comme le souligne l’AFP, à la faveur de déplacements d’été à nouveau possibles vers certaines destinations, ADP s’attend à devoir gérer 35% du trafic de 2019 sur l’ensemble de l’année 2021.

Et avant même la redoutée période estivale, la situation peut déjà être compliquée pour certains voyageurs. L’un de nos journalistes en a fait les frais. Alors qu’il revenait de Mexico à destination de l’aéroport Roissy Charles de Gaulle à Paris, il s’est retrouvé pris dans une situation digne d’un roman de Franz Kafka.

«Je suis sortie de l’avion, puis j’ai dû passer par un premier contrôle policier rapide de vérification du passeport, puis un second. Ensuite, on m’a demandé de remplir un petit formulaire sur mon état de santé, notamment pour signaler d’éventuels symptômes», explique le membre de la rédaction de Sputnik.

Ce n’était que le début. Notre journaliste a ensuite fait la queue avant que le personnel du service de santé ne vérifie à nouveau son passeport. Étape suivante: l’attribution d’un numéro afin d’attendre son tour pour effectuer un test antigénique.

«Il y avait environ quinze stands pour un nombre important de voyageurs», note-t-il. «Une fois le test effectué, il faut à nouveau attendre au milieu d’une foule d’individus. Cela prend une trentaine de minutes.»

Le chemin de croix a pris fin avec la livraison du résultat qu’il a fallu présenter à un dernier contrôle de police avant de pouvoir aller récupérer ses bagages. Un cheminement difficile que s’est chargé de rappeler Augustin de Romanet: «Nous avons une addition de contrôles qui sont imposés aux passagers en raison de la situation sanitaire, premier contrôle de police avec les passeports, puis test PCR obligatoire pour les gens qui viennent des pays écarlates [les plus à risque, ndlr], puis deuxième passage devant la police.»

Une inquiétude internationale

Signe des précautions prises par les autorités, un rapide tour sur le site de France Diplomatie montre que le Mexique ne fait même pas partie des pays où «en raison de la circulation particulièrement active de l’épidémie ou de la propagation de certains variants, des mesures renforcées sont mises en place pour les déplacements vers la France». La liste est composée de l’Afrique du Sud, de l’Argentine, de Bahreïn, du Bangladesh, du Brésil, du Chili, de la Colombie, du Costa Rica, des Émirats arabes unis, de l’Inde, du Népal, du Pakistan, du Qatar, du Sri Lanka, de la Turquie et de l’Uruguay.

«Le plus intéressant étant que les contrôles par lesquels j’ai dû passer ne concernaient que les passagers de mon vol et d’un autre en provenance d’Arabie saoudite. Je n’imagine pas la situation avec davantage de passagers…», souffle notre journaliste. Et de poursuivre: «Mon avion a atterri à 16h00 et je suis sorti de Roissy à 19h30.»

Les aéroports parisiens sont loin d’être les seules à s’inquiéter. Ainsi comme le relate le site spécialisé Déplacementspros .com, Willie Walsh, le nouveau directeur général de l’IATA (International Air Transport Association), craint également le chaos à venir «si tous les clients doivent prouver, sur papier, qu’ils ont rempli des formulaires, qu’ils ont effectué un test PCR, et que ces documents doivent être vérifiés par des personnes aux comptoirs d’enregistrement.»

La démocratisation des enregistrements en ligne a massivement désengorgé les comptoirs ces dernières années. Mais la preuve de son état de santé demandée aux voyageurs par de très nombreux aéroports à travers le monde a provoqué un problématique retour en arrière.

Comme le souligne Déplacementspros .com, des compagnies comme Etihad «tentent d’y remédier avec la mise en place de procédures de vérification des données avant l’arrivée à l’aéroport.» Quant à British Airways, elle veut permettre de réserver un créneau horaire aux comptoirs d’enregistrement du terminal 5 de Heathrow par le biais d’une application de file d’attente virtuelle.

Reste à espérer que le déploiement du très controversé pass sanitaire européen attendu au 26 juin permette de limiter la casse, du moins pour les vols au sein de l’UE.

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passeport sanitaire, vaccination, vaccin, France, voyages, Covid-19
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