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Stalingrad: aggravation de la situation du trafic de crack (9)
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Pour éviter les squats en soirée, les toxicomanes de Stalingrad ont été déplacés dans un parc du quartier. Une disposition qui n’interdit pas l’accès au jardin aux riverains, à en croire le maire du XIXe arrondissement. Les habitants n’en sont pas convaincus.

Face aux montées des tensions entre riverains et toxicomanes dans le quartier de Stalingrad, les autorités ont décidé de regrouper les fumeurs de crack dans les jardins d'Éole, où ils seront désormais autorisés à rester jusqu’à une heure du matin.

Une décision qui n’affectera pas l’accès au parc des riverains, a assuré François Dagnaud, maire PS du XIXe arrondissement, sur BFM TV. L’édile affirme que seuls «20% du parc» resteront ouverts plus tardivement et que les drogués seront cantonnés à l’écart des habitations.

«Une petite partie du parc, la partie la plus à l’écart des zones habitées, est ouverte en dehors des heures d’ouverture. Ce n’est pas au détriment de l’accès des familles au jardin. 80% du parc reste totalement accessible aux familles, qui de fait l’utilise. On voit des familles et des enfants», a ainsi affirmé François Dagnaud sur la chaîne d’information continue.

Le maire assure encore que la situation n’est que «transitoire» et que la préfecture de police a «pris des engagements» pour ne pas affecter la vie des riverains. Un arrêté préfectoral a en particulier été édicté, interdisant les distributions alimentaires et de seringues par les associations, au niveau de la place de Stalingrad. Ces distributions pourront cependant continuer aux abords des jardins d'Éole.

Les riverains en colère

Cette décision de regrouper les toxicomanes n’a cependant pas convaincu les riverains, qui ont manifesté ce 19 mai devant le parc. Certains dénoncent l’installation d’une «zone de non droit» et s’indignent que les conséquences du trafic de drogues retombent ainsi sur les habitants.

«Les forces de l'ordre aujourd'hui nous empêchent d'aller dans une partie du parc. Je suis désolé, mais il y a une zone de non-droit et au lieu de virer les dealeurs et les toxicomanes, ils nous virent nous, la population du quartier», témoigne ainsi un habitant au micro de notre correspondant sur place.

Même réaction du côté de Frédéric Francelle, porte-parole du Collectif19, qui met en doute les dires du maire du XIXe arrondissement. S’il admet que les drogués seront cantonnés à l’écart des habitations, le représentant affirme que ce regroupement ne changera rien à leur occupation du parc en journée. Selon lui, les toxicomanes se sont déjà approprié le jardin en majeure partie.

«Le maire dit que le parc est utilisable à 80%, c’est absolument faux. Le parc est utilisable à 45% maximum en journée. Presque 55% du jardin est occupé en permanence par des toxicomanes. Ils occupent le terrain de foot, le mur de tennis. Un habitant ne peut pas aller dans cette partie haute du parc en journée», explique-t-il à Sputnik.

Frédéric Francelle doute également de l’efficacité du dispositif, parlant de «poudre aux yeux». Après quelques nuits d’essai, les résultats ne sont pas flagrants selon lui, les toxicomanes continuant de squatter les quais en soirée, près de la place de la Bataille-de-Stalingrad.

«Toute la nuit, il y a des toxicomanes sur les quais. Ils ne sont plus tout à fait devant le cinéma comme avant, ils se sont déplacés un peu plus bas. Ils ne restent pas du tout dans le parc», déclare-t-il ainsi à Sputnik.

Début mai, l’exaspération des riverains avaient conduit certains d’entre eux à tirer au mortier d’artifice sur des dealers. Des concerts de casseroles ont également été organisés la semaine dernière, pour tenter d’interpeller les pouvoirs publics.

Dossier:
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Tags:
parc, toxicomanie, Place Stalingrad de Paris, trafic de drogue
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