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Gabriel Attal admet dans un entretien à Valeurs actuelles que l’inquiétude face au manque d’autorité s’est généralisée chez les Français. Le porte-parole du gouvernement ne nie pas le constat dressé par les récentes tribunes de militaires.

Interrogé par Valeurs actuelles, Gabriel Attal est revenu sur la parution des tribunes de militaires qui dénonçaient il y a quelques semaines entre autres un «délitement» de la France. Alors que ces deux textes s’étaient attiré les foudres de certains membres de l’exécutif, le porte-parole du gouvernement a fait entendre une voix différente.

S’il critique la forme, notamment l’anonymat choisi par les auteurs de la seconde tribune, Gabriel Attal ne remet pas en doute le fond et le sombre état des lieux dressé par les militaires.

«Le constat d’un délitement de la société et d’un problème d’autorité dans notre pays est très largement partagé depuis des années. La demande de sécurité aussi […]. Le mépris pour l’uniforme est le premier symptôme d’une société qui se délite. Il faut évidemment y répondre», réagit-il auprès de Valeurs actuelles.

Cette crise d’autorité est fustigée par les militaires d’active dans la seconde tribune, lesquels dénoncent «un État failli» et une «impuissance régalienne». Des critiques fréquemment formulées par l’opposition ces dernières semaines. Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat, a qualifié le volet régalien de «trou noir du macronisme» dans un entretien au Point mi-avril. Il s’était désolé que la défense, la justice et la sécurité ne pèsent aujourd’hui plus que 2,5% du PIB français.

Hausse des moyens

S’il ne nie donc pas le constat esquissé par les militaires en matière de sécurité, Gabriel Attal en rejette la responsabilité sur la droite, coupable selon lui d’avoir «saigné les armées et les forces de l’ordre» lors de son passage au pouvoir.

«Dans la situation du pays dont nous avons hérité en 2017, il n’y avait pas suffisamment de moyens pour protéger ceux qui nous protègent. Si nous avons fait le choix de rajouter deux milliards d’euros dans le budget de la sécurité, de recruter 10.000 policiers et gendarmes […], c’est précisément parce qu’on considérait qu’ils étaient entravés dans leurs missions», souligne l’ancien porte-parole de LREM.

Après les militaires, les policiers ont signifié leur ras-le-bol à plusieurs reprises ce mois-ci. D’abord par des tribunes, puis par un rassemblement devant l’Assemblée nationale suite au meurtre du brigadier Éric Masson à Avignon. Le ministre de l’Intérieur s’était d’ailleurs rendu sur place, essuyant quelques huées.

Une colère des forces régaliennes qui pourrait bien se traduire dans les urnes, puisque 44% des policiers et militaires envisageraient de voter Marine Le Pen au premier tour en 2022, à en croire un récent sondage Ipsos pour le CEVIPOF (Centre de recherches politiques de Sciences Po).

Une menace dont semble conscient Gabriel Attal, lequel affirme à Valeurs actuelles que la majorité est «à l’offensive» contre le RN, tout en déplorant que les oppositions jouent «la montée» du parti en vue des prochaines échéances électorales.

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Tags:
Bruno Retailleau, police, militaires, tribune, Gabriel Attal
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