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Une audition réalisée par des juges d'instruction de Nanterre et de Paris, en présence d'enquêteurs de l'Office anticorruption (OCLCIFF), doit se tenir jusqu'au 4 juin, dans le cadre de l'entraide pénale internationale. Des magistrats libanais seront également présents.

L'ancien patron de Renault-Nissan Carlos Ghosn sera entendu à partir du 31 mai pour la première fois par une délégation de magistrats français, spécialement venus à Beyrouth l'interroger dans les enquêtes qui le visent à Nanterre et Paris, notamment pour abus de biens sociaux.

Au menu des questions de cette audition prévue sur cinq jours: deux fêtes au château de Versailles, des flux financiers avec un distributeur commercial à Oman, ainsi que des prestations de conseil quand Carlos Ghosn était PDG de Renault-Nissan.

«La défense a d'ores et déjà identifié dans les dossiers français des irrégularités de procédure qu'elle estime graves», dénoncent dans un communiqué les trois avocats de M. Ghosn, Mes Carlos Abou-Jaoude, Jean-Yves Le Borgne et Jean Tamalet. «Ces anomalies, qui fragilisent le processus judiciaire, proviennent des méthodes singulières de l'enquête japonaise qui demeure la source principale des dossiers français».

En étant mis en examen, M. Ghosn pourra avoir accès au dossier, donc connaître les charges qui pèsent contre lui, mais surtout demander des actes (contre-expertises, auditions de témoins, confrontations, etc).

Mais cette mise en examen ne pourra pas intervenir tant que M. Ghosn n'est pas sur le sol français.

L'ancien homme d'affaires, visé par un mandat d'arrêt d'Interpol, est contraint de rester au Liban depuis sa fuite rocambolesque du Japon en décembre 2019.

Arrêté en novembre 2018 sur le tarmac de l'aéroport de Tokyo, il était en liberté sous caution après plusieurs mois de détention, avec interdiction de quitter l'archipel dans l'attente de son procès pour des soupçons de malversations financières chez Nissan quand il a déjoué la surveillance des autorités nippones.

Vraisemblablement caché dans un caisson de matériel audio à bord d'un jet privé, le Franco-Libano-Brésilien a assuré ne pas avoir «fui la justice», mais avoir voulu «échapper à l'injustice», dénonçant un «complot» des autorités japonaises à son encontre.

Cette situation n'a pas facilité le travail des enquêteurs français, qui s'intéressent également à l'ancien magnat de l'automobile, notamment pour des soupçons d'abus de biens sociaux: en juillet 2020 un juge d'instruction avait demandé à l'entendre, mais Carlos Ghosn avait assuré ne pas pouvoir quitter le Liban.

Les magistrats avaient alors décidé de se déplacer jusqu'à lui pour l'interroger en janvier dernier. Une audition finalement repoussée au printemps, du fait des restrictions sanitaires liées la pandémie de coronavirus.

C'est donc après ces rebondissements que Carlos Ghosn va enfin être entendu dans le cadre des enquêtes menées à Nanterre et à Paris. Cette audition réalisée par des juges d'instruction de Nanterre et de Paris, en présence d'enquêteurs de l'Office anticorruption (OCLCIFF), doit se tenir jusqu'à vendredi, dans le cadre de l'entraide pénale internationale. Des magistrats libanais seront également présents.

A Nanterre, la justice soupçonne Carlos Ghosn d'avoir tiré un bénéfice personnel d'une convention de mécénat entre Renault et l'établissement qui gère le Château de Versailles, en y organisant deux soirées. Les enquêteurs se penchent aussi sur plusieurs millions d'euros de paiements considérés suspects entre RNBV, filiale néerlandaise incarnant l'alliance de Renault et Nissan, et le distributeur du constructeur automobile français à Oman, Suhail Bahwan Automobiles (SBA).

 

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Tags:
OCLCIFF, Paris, Nanterre, Carlos Ghosn
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