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Enzo Alias, candidat RN aux départementales, a été pris à partie alors qu’il collait des affiches à Arles. Aspergé d’huile et menacé avec une matraque, il dénonce auprès de Sputnik une agression politique et s’étonne du silence des autorités.

Alors que les agressions d’élus ont explosé en 2020, forçant la gendarmerie à mettre en place des formations spéciales à leur endroit, les candidats aux prochaines échéances électorales sont aussi la cible de violences. Enzo Alias, candidat RN aux prochains départementales, peut en témoigner.

Alors qu’il collait des affiches dans le centre-ville d’Arles en compagnie d’un militant, le candidat a en effet été agressé par deux individus se présentant comme des riverains. L’un d’eux l’a notamment aspergé d’huile de friture, comme le montre une vidéo postée sur les réseaux sociaux.

«Je pense que l’intention était de mettre le feu avec un briquet. Mon camarade a sorti son téléphone pour filmer. L’agresseur est rentré chez lui avant de ressortir avec une matraque télescopique. Il a mis un violent coup de matraque sur le tibia droit de mon collègue», explique Enzo Alias à Sputnik.

Le candidat a également reçu un coup à la tête. Transféré aux urgences, il s’est vu diagnostiquer un traumatisme crânien. Le militant qui l’accompagnait souffre quant à lui d’une fracture au tibia et de commotions cérébrales.

Pour Enzo Alias, pas de doute: l’attaque était «clairement politique». Les deux assaillants ont réagi en voyant le camion floqué du visage de Marine Le Pen. Le candidat explique avoir déjà été victime d’une agression semblable le mois dernier, dans le quartier sensible de Barriol, sans que les autorités ne s’en émeuvent.

«Le maire d’Arles Patrick de Carolis nous a répondu: "Ce n’est pas ma faute, c’est celle de l’État". En réalité, ce sont des quartiers où la police n’ose plus aller. Les habitants nous disent qu’ils sont pris en otage par les 2-3% de la cité et que le maire ne fait rien. Il achète la paix sociale. Il leur laisse leur business et en échange ils ne sortent pas de leur quartier», explique Enzo Alias à Sputnik.

Pas d’interpellation

Cette fois encore, le candidat RN s’étonne de l’inaction des pouvoirs publics. Son dépôt de plainte n’a pas été suivi d’effets et les agresseurs n’ont pour l’heure pas été interpellés, malgré les détails fournis à la police.

«On a porté plainte, mais on a su ce matin que les agresseurs travaillent de nuit. Ils ont travaillé cette nuit et n’ont pas été interpellés. On a l’impression que ça n’avance pas. On a donné tous les éléments, adresse, photos. On a l’impression d’un laissez-faire. Ils pourraient les interpeller mais ne le font pas. C’est très inquiétant», précise ainsi le candidat du canton d’Arles.

Enzo Alias ne rejette pas pour autant la faute sur les forces de l’ordre, décrivant des policiers «dégoûtés, se sentant abandonnés» et qui souhaiteraient «que la magistrature les soutienne un peu plus». Des propos qui font échos à ceux des syndicats de police, lesquels avaient manifesté le 19 mai devant l’Assemblée nationale pour demander notamment des réponses pénales plus fermes.

Le candidat RN dénonce encore une forme de «deux poids, deux mesures» lorsque les agressions visent son parti. Il appelle à une réponse forte.

«Si c’était un candidat d’un autre parti, il est évident que ça aura fait plus de bruit. Il y aurait eu des retombées médiatiques, les auteurs auraient été interpellés plus rapidement. Il faut un signal fort. S’il ne se passe rien, cela signifiera qu’on peut agresser impunément un candidat ou un militant du RN», déclare-t-il à Sputnik.

À défaut d’interpellation, Enzo Alias a reçu le soutien de son camp. Sur Twitter, plusieurs personnalités RN se sont ainsi indignées de son agression, pointant du doigt les discours parfois véhéments visant le parti de Marine Le Pen. Gilbert Collard a ainsi dénoncé la «satanisation du RN», alors que Jordan Bardella, vice-président du parti, a critiqué «les appels à la violence lancés au plus haut sommet de l’État».

En déplacement à Dijon ce 10 juin, Gérald Darmanin avait en effet qualifié une potentielle victoire du RN dans la région de «marque satanique», selon Le Bien public. «L’ennemie à abattre, c’est Marine Le Pen», avait pour sa part déclaré Olivia Grégoire, secrétaire d'État à l'Économie sociale, solidaire et responsable sur Franceinfo, mi-mai.

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Tags:
Rassemblement national (RN), Arles, insécurité, agression
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